Le climat de violence terroriste fait courir des risques de conflits communautaires au Burkina Faso, au Mali et au Niger, a déclaré samedi soir à Ouagadougou le président par intérim du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP, au pouvoir) Simon Compaoré, lors du troisième congrès du parti, ont rapporté les médias
Pour M. Compaoré, la sécurité au Burkina Faso et particulièrement celle de la bande sahélo-saharienne, interpelle tant par la cruauté que la multiplicité des assauts terroristes contre des cibles militaires et civiles, tandis que le Bureau des Nations Unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel estime que le nombre des victimes de telles attaques a été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
«Ce climat de violence terroriste fait courir, si l'on n'y prend garde, des risques graves de conflits communautaires et cause de nombreux mouvements de populations fuyant les zones d'opérations terroristes», a indiqué M. Compaoré dans son discours. «Je voudrais (...) saluer la mobilisation nationale et internationale à l'endroit de s personnes déplacées (...) et leur témoigner l'expression du soutien constant et de la solidarité du MPP».
Depuis 2015, le Burkina Faso est la cible d'attaques terroristes qui ont fait des centaines de morts parmi les civils et les éléments des forces de défense et de sécurité, ainsi que des milliers de déplacés. Pour le MPP, compte tenu du caractère tentaculaire et international du phénomène terroriste observé au cours des deux dernières décennies, il convient que la réponse soit appropriée et sans équivoque, parce que «nous estimons que dans la phase actuelle, la coopération militaire internationale revêt toute son importance et requiert le soutien de tous». M. Compaoré a souligné que le «terrorisme apparaît aujourd'hui comme une guerre de 4e voire de 5e génération dont l'objectif est la déstabilisation de nos Etats», ajoutant que l'urgence du moment est de parvenir tous ensemble «à contenir, voire à éradiquer cette gangrène dont certains individus malveillants, hors-la-loi, se servent pour tracer de nouvelles routes de la criminalité transfrontalière et des trafics de toute nature dans la bande sahélo-saharienne».
«Cet appel à la solidarité dans l'épreuve se justifie, parce qu'aucun Etat au monde n'est à l'abri de la menace terroriste tant qu'elle ne sera pas anéantie», a dit M. Co mpaoré, pour qui le principal générateur du terrorisme dans ses manifestations actuelles au Sahel demeure l'effondrement de l'Etat en Libye «causé par la politique solitaire des grandes puissances malgré l'inquiétude exprimée par l'Union africaine».
«La situation sécuritaire n'est pas bonne» (président du G5)
La situation sécuritaire au Sahel est très mauvaise, a affirmé le président mauritanien, président en exercice du G5 Sahel, Mohamed Ould Ghazouani, soulignant qu'elle est aggravée par la présence de menaces au centre de la région.
«Cette situation sécuritaire suscite les inquiétudes des Etats de la région et épuise les partenaires du Sahel (...) la situation générale au Sahel n'est pas bonne», a-t-il dit, vendredi, lors d'une conférence de presse au palais présidentiel à Nouakchott.
«Cela ne signifie pas que le travail n'est pas possible ou qu'on ne peut rien apporter», a-t-il ajouté. Selon le M. Ghazouani, il y a de nombreux défis auxquels sont confrontés les pays du Sahel en particulier dans la région centrale estimant qu'«on ne peut dissocier entre l'interaction avec la menace sécuritaire et la question du développement».
«Il est impératif de créer des conditions de développement qui accompagnent l'effort de sécurité», a-t-il insisté précisant qu'il ne faut pas tarder, et ne pas attendre que le vide sécuritaire s'installe. Le président mauritanien a reconnu la difficulté de joindre parallèlement les deux processus (sécurité et développement, ndlr), soulignant la nécessité d'agir. «Il est vrai qu'il est difficile que les deux processus cheminent parallèlement, mais malgré cela, il faut agir dans ce sens», a-t-il assuré.