La présidente de la CDU Annegret Kramp-Karrenbauer a clarifié samedi sa proposition de siège européen au Conseil de sécurité de l'ONU, en indiquant qu'il ne s'agissait pas de remplacer mais de compléter le siège de la France.
"Je souhaite un siège européen également au Conseil de Sécurité aux Nations Unies, pas pour remplacer le siège français, mais pour le compléter", a déclaré la chef de file de chrétiens-démocrates allemands lors d'une table ronde en présence du ministre français de l'Economie Bruno Le Maire à Aix-en-Provence.
La proposition d'Annegret Kramp-Karrenbauer, parfois appelée AKK, avait été endossée au mois de mars par la chancelière Angela Merkel, qui avait précisé qu'il s'agissait "de réunir les voix européennes au Conseil de sécurité de l'ONU" et pouvait laisser penser que cela signifiait la disparition du siège dont dispose la France pour elle seule depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait déjà rectifié le tir fin mars, dans le même sens qu'AKK.
"La position française, et je crois que c'est aussi la position allemande puisque cela a été intégré dans un traité (celui d'Aix-la-Chapelle en janvier), est qu'il faut se mobiliser pour que l'Allemagne ait un poste permanent au Conseil de sécurité. Mais pas le poste de la France, tout cela est stupide", avait dit M. Le Drian. La nouvelle présidente de la CDU, qui a succédé à ce poste en décembre à Angela Merkel, avait également choqué en France en proposant que le parlement européen quitte Strasbourg pour ne plus siéger qu'à Bruxelles.