Société

Virée dans l’esplanade des religions de Bussy Saint Georges (Seine et Marne) : Un mode opératoire pour le vivre ensemble

Publié par Cherbal E-M le 26-06-2018, 15h59 | 144
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A trente kilomètres de Paris, dans la petite commune de Bussy Saint Georges, un nouveau quartier en construction accueille depuis six ans u lieu dédié aux cultes des populations habitants cette paisible cité.

L’édification de cette «esplanade des religions» est en fait le fruit d’une mure réflexion d’un maire radical de la ville en 2004, qui a pensé   « qu'en ville nouvelle, à partir d'une population qui venait s'agréger de tous les coins du monde, les religions pouvaient être un moyen de créer un ciment entre les différentes communautés », indiquait-il alors à la presse.

Un espace est donc dégagé par le maire qui a la ferme conviction  « que l'organisation spatiale que nous avons proposée permet aux religions d'exister pleinement, de dialoguer les unes avec les autres, et puis de dialoguer avec le reste de la ville.» Notre correspondant à Paris a effectué une petite virée sur cette espace unique où il a effectivement  pu constater  sur une même allée l’existence d’un temple bouddhiste taïwanais, le début de construction d’une pagode laotienne, et à  côté d’une mosquée, un terrain destinée à accueillir une synagogue.

Le lieu  accueille  également des espaces dédiés à l’activité culturelle des communautés représentatives de la population de la ville.

Un petit tour de notre reporter au complexe cultuel de la, mosquée  fut une opportunité pour évoquer avec ses responsables le programme d’animation culturelle mis en place ainsi que des espaces réservés à des activités d’enseignement.

Le président de l’association de la mosquée, Fariod Chaoui, un Algérien originaire de Blida est cadre dans une entreprise française. Il investit beaucoup de son temps pour l’organisation de  cet espace cultuel et culturel au  grand bénéfice de la population musulmane de la ville.

Autour d’un café il a présenté un ambitieux projet de développement de cette mosquée en soulignant la réaction constructive et encourageante de la population  dont de nombreux citoyens qui prêtent assistance à l’équipe qui l’entoure dans la gestion des lieux.

La tourné de notre reporter en ces lieux s’est ponctuée par de courts entretiens avec les responsables de la ville, notamment le sous préfet de Torcy  et le maire de la vlle de Bussy Saint Georges.


Avec Gerard Branly Sous préfet de Torcy (Seine et Marne) : «La force de la convergence multiculturelle»

Entretien réalisé par Cherbal E.M

DK News : Comment appréciez vous l’expérience de l’esplanade des religions, lancée il y a  six années, dans la commune de Bussy-Saint-Georges,  comme espace  pour un meilleur ‘’vivre ensemble’’?

G.B : Beaucoup de communautés religieuses pratiquent le dialogue interconfessionnel dans de nombreuses communes en France. 

La situation de Bussy Saint Georges est exceptionnelle car c'est une volonté politique municipale qui a permis que ce lieu existe et facilite ainsi les rencontres entre les représentants des différentes religions.

J'ai pu rencontrer ensemble les représentants des religions présentes sur l'esplanade et j'ai bien senti la proximité et la connivence qui existe entre eux et qui est, à mon sens, le meilleur gage de la réalité et de la profondeur du dialogue.

DK News : Pensez vous que la proximité spatiale  est nécessaire pour le dialogue et la compréhension entre  les religions ?

G.B : Elle facilite concrètement les choses, à Bussy Saint Georges où dans d'autres lieux où la géographie urbaine le permet, mais ce qui est essentiel et déterminant, c'est la volonté des différents acteurs de dialoguer ensemble. La situation de Bussy Saint Georges, située dans une ville nouvelle disposant d'un foncier libre important, a permis la création de cet espace de dialogue qui, à ma connaissance, reste unique.

DK News : La communauté juive peine encore à ériger les espaces cultuels et culturels prévus sur l’esplanade : qu’y a-t-il lieu de faire d’après vous ?

G.B :  la loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des églises et de l’État stipule dans son article 2 que: "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.

En conséquence, à partir du 1er janvier qui suivra la promulgation de la présente loi, seront supprimées des budgets de l’État, des départements et des communes, toutes dépenses relatives à l'exercice des cultes.".

Ce texte fondateur de la liberté de culte et de conscience dans notre pays exclut donc tout financement public en faveur de la réalisation de ces équipements.
C'est donc à partir de financements privés, communautaires ou non, que ces projets pourront se réaliser.


Yann Dubosc. Maire de Bussy-Saint-Georges : «Un modèle du vivre ensemble»

Entretien réalisé par Cherbal E.M

DK News : Il y a six ans la Commune de Bussy Saint Georges a lancé ce projet novateur de l’esplanade des religions : comment le projet est-il né ?

Y.D : Cette idée est assez ancienne sur Marne la Vallée du fait d’une présence marquée de communautés asiatiques, notamment. Venant de Noisiel à l’origine, le concept a été repris sur Bussy il y’a plus de 6 ans et finalement réalisé.

DK News :La gestion de cet espace se fait-elle sans difficulté pour votre commune ?

Y.D : Oui, au-delà de mes espérances. Les représentants des différentes communautés se rencontrent régulièrement pour évoquer les projets qui leur sont propres ainsi que ceux avec la municipalité.

Ils ont également décidé de se constituer en association dont la présidence est tournante chaque année en fonction de leur ancienneté sur l’Esplanade des Religions. 

Ainsi la première présidence est dévolue à Claude Windish, représentant de la communauté juive.
L’actualité rejoint souvent le fragile équilibre de l’Esplanade : par exemple, la communauté bouddhiste a organisé une marche pour les Rohingyas ; il en a été de même après les différents épisodes terroristes par les représentants de la communauté musulmane...

DK News : Voyez-vous des effets induits par cette expérience sur la population de la commune ?

Y.D : Les Buxangeorgiens sont très attachés à leur Esplanade qui devient un lieu de promenade et de tourisme international.

Le fait que les différentes communautés participent activement à la vie de la cité est un phénomène d’intégration extraordinaire. De plus, le rayonnement de l’Esplanade est fortement international et apporte à la ville de nombreux investisseurs étrangers informés par les résidents Buxangeorgiens d’origine étrangère.

DK News : Comment appréciez-vous l’expérience, comme hymne à un meilleur ‘’vivre ensemble’’ ?

Y.D : Il s’agit d’un phénomène unique qui devient aujourd’hui une véritable identité de ville. Le vivre ensemble, comme le rappel souvent le représentant de la communauté musulmane n’est pas un slogan mais une réalité vécue au quotidien !

Nous avons coutume de dire, au regard de la réussite de ce site, que nous allons demander le prix Nobel de la Paix.

DK News :Voyez-vous d’autres pistes que la proximité spatiale pour un meilleur ‘’vivre ensemble’’

Y.D : Le succès de l’Esplanade est tel que de nouvelles demandes me sont parvenues : l’implantation d’un temple Hindouiste. J’ai demandé aux représentants des différents cultes d’auditionner les représentants hindous afin de savoir si les valeurs portées étaient identiques et partagées, notamment celles de la Charte de l’Esplanade (non prosélytisme, participation à la vie de la cité, projets culturels...).

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