Vie politique en France : L’extrême droite s’entredéchire

Publié par CEM le 26-09-2017, 14h44 | 260

Le départ fracassant De Florian Philippot,  numéro deux du front national, contraint de jeter l’éponge après avoir été délesté de ses responsabilités, ouvre la voie à toutes les supputations sur le devenir du parti  de l’extrême droite française  et par conséquent sur le sort de sa patronne Marine Le Pen que d’aucuns disent ragaillardie par cet épisode, là ou d’autres pensent qu’elle encourt des gros risques d’une impasse insurmontable.

Il y a une semaine, Marine Le Pen indiquait au cours d’une interview avoir demandé à Florian Philippot  de démissionner de l’association ‘’les patriotes’’ qu’il dirige, sous prétexte de conflit d’intérêt.

Devant le refus de celui-ci de se soumettre à cette injonction, il est déchargé  de toutes ses attributions, et donc poussé vers la sortie. Refusant ‘’une réorganisation du parti’’ qui se passe mal à ses yeux,  il annonce sa démission du parti, suivi par de nombreux cadres et militants, notamment ceux qui se retrouvent dans son association.

Sitôt la démission annoncée, les analystes tentent de mettre en perspective cet épisode de la vie d’un parti qui est encore sous le coup de l’éclatante déconfiture de sa candidate aux dernières élections présidentielles.

D’autant que le départ de Philippot vient quelques temps après une autre retentissante défection, celle de Marion Maréchal Le Pen, partie il y a quelques mois après avoir clamé sa différence avec sa tante Marie Le Pen. La montée au créneau de Marine Le Pen, dont la présence médiatique a été renforcée, a-t-elle  convaincue de la poursuite de a ligne et de sa conduite à la tête du front national et de l’absence de tout impact de ce nouveau départ ? Rien n’est moins sûr aux yeux de nombreux observateurs qui estiment que les jours à venir seront durs pour elle, d’autant que beaucoup y compris au sein de sa formation  politique savent qu’elle ne pourra jamais avoir cette stature d’une candidate présidentiable.

Sa prestation discutable lors de l’entre-deux tours des présidentielles de mai derniers laisse encore des traces vivaces, ouvre la voie à de nombreuses ambitions tant au sein de sa famille politqiue que dans d’autres bords.

A commencer par la droite traditionnelle dont le représentant le plus visible, Laurent Wauquiez LR, ne se cache plus pour s’adresser aux militants du parti de l’extrême droite, emboîtant le pas à un certain   Nicolas Sarkozy passé déjà par ces chemins. De l’autre bord de la casse politique, le patron de la France Insoumise, Jean Luc Melenchon n’a pas caché sa joie devant ce qui arrive au front national, allant même jusqu’à faire appel « «à tous ceux qui sont fâchés mais pas “fachos”».

Dans l’entourage de Marine Le Pen le propos est serein, tourné vers la mobilisation des troupes autour de l’unique et incontestée patronne du parti, que certains parmi ses plus fidèles lieutenants présentent comme la candidate idéale pour les présidentielles de 2022. D’ici là, des défis sont à relever et des  obstacles à surmonter, à supposer que le cours de vie du front national se poursuive sans encombre.

« Question de détente: peut-on rebondir quand on boîte de ses deux jambes? C'est le défi qui attend Marine Le Pen après que Marion Maréchal-Le Pen, figure de son aile libérale-conservatrice, s'est mise en retrait de la vie politique et que Florian Philippot, incarnation de la sensibilité souverainiste, a claqué la porte », s’interroge le journaliste du site  de l’hebdomadaire français www.lexpress.fr qui s’appuie sur cette métaphore empruntée aux déçus de la ligne du front national, proches de Marion Maréchal Le Pen ET Philippot  : « Deux courants qui s'affrontaient, ça protégeait Marine, glisse un proche de l'ancienne députée du Vaucluse. Le FN était alors un trimaran à trois coques. Là, il n'y en a plus qu'une. On n'affronte pas de la même façon les tempêtes. »