Burundi: Le Bureau de l'ONU invité à fournir des preuves pour son accusation de distribution d'armes

Publié par Dknews le 16-04-2014, 17h30 | 29

Le premier vice-président burundais Prosper Bazombanza a demandé mardi au Bureau des Nations Unies au Burundi (BNUB) de fournir des preuves quant aux allégations relatives à la distribution d'armes à la population ainsi qu'à la préparation d'un génocide au Burundi.

«Une certaine autorité, au nom du BNUB, a diffusé cette rumeur de mauvais goût qui est parvenue jusqu'au siège des Nations Unies.Le gouvernement du Burundi lui demande d'en donner des éléments de preuve, pour lui permettre de sévir contre les auteurs, brebis égarées s'il y en a, ou, à défaut de preuve, le gouvernement l'invite à se rétracter officiellement et à informer correctement l'opinion nationale et internationale abusée», a déclaré M. Bazombanza lors d'une rencontre avec les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales accrédités à Bujumbura.

Le BNUB avait envoyé au siège des Nations Unies un rapport confidentiel affirmant qu'il y aurait une distribution d'armes par le gouvernement et le CNDD-FDD aux jeunes Imbonerakure, jeunes affiliés à ce parti. M. Bazombanza a affirmé que le gouvernement était en train de piloter un programme de désarmement de la population civile dont l'exécution se faisait suivant les standards internationaux et a réitéré l'engagement des autorités à assurer la sécurité de toute la population. 

De son côté, le ministre burundais des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale, Laurent Kavakure, a indiqué qu'«au moment où le modèle démocratique burundais se consolide de jour en jour, il existe des esprits malveillants qui ne cessent de désinformer et d'intoxiquer l'opinion tant nationale qu'internationale jusqu'au Conseil de Sécurité des Nations Unies». 

Le Burundi, qui se prépare à des élections générales sous tension en 2015, connaît depuis plusieurs semaines une grave crise politique, déclenchée par le départ du gouvernement, dominé par le parti hutu Cndd-FDD, du principal parti tutsi du pays, l'Uprona. La crise s'est aggravée avec des affrontements violents le 8 mars à Bujumbura entre militants du parti d'opposition MSD (Mouvement pour la Solidarité et le Développement) et la police.