Syrie : L'armée syrienne controle Alep, exode massive vers les zones pacifiées

Publié par DK News le 12-12-2016, 16h24 | 33

L'étau se resserre autour des rebelles et du groupe autoproclamé «Etat islamique» (EI/Daech) à Alep, après la reprise par l'armée syrienne lundi aux groupes armés un grand quartier du sud-est, imposant ainsi le contrôle de la totalité de la ville suite à de violents combats, provoquant l'exode massive des civils vers des zones pacifiées par les forces gouvernementales.

Les forces de l'armée syrienne avec le soutien de l'aviation russe ont continué dans la nuit de dimanche à lundi à pilonner par les airs et l'artillerie lourde les derniers quartiers rebelles, et ont fini par reprendre le quartier Cheikh Said dans le sud-est d'Alep.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), «l'armée syrienne contrôle désormais 90% des quartiers est». «Des frappes aériennes ont touché les quartiers rebelles tout au long de la nuit, jusqu'à l'aube», a précisé l'OSDH.

Seconde ville du pays et ex-capitale économique de la Syrie, Alep était coupée en deux depuis 2012, entre l'Est tenu par les rebelles et l'Ouest sous contrôle gouvernemental. Au moins 413 civils ont été tués à Alep-Est depuis le début de l'offensive le 15 novembre, tandis qu'au moins 139 autres ont péri à cause de tirs de roquettes rebelles sur les quartiers Ouest, selon l'Observatoire.

80% des habitants de Palmyre évacués
Au moment où les troupes gouvernementales étaient mobilisés dans une offensive foudroyante pour chasser les rebelles de l'essentiel du territoire qu'ils tenaient dans la cité d'Alep, les éléments de Daech ont envahi à nouveau la ville antique de Palmyre, dans le centre, après le retrait de l'armée, selon l'OSDH. Selon le gouverneur de la province de Homs, Talal al-Barazi, l'armée régulière syrienne a évacué 80% des habitants de la ville de Palmyre, prise par Daech jeudi lors d'une nouvelle offensive sur cette ville classée au patrimoine mondial de l'Humanité.

«Les habitants de Palmyre ont été évacués et l'armée syrienne est toujours engagée dans des combat acharnés contre les terroristes nouvellement arrivés dans les banlieues de la cité antique», a indiqué le gouverneur.

Selon une information du Centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, plus de 4.000 terroristes de Daech ont lancé une nouvelle offensive visant à s'emparer à nouveau de Palmyre.
Des sources concordantes ont affirmé que les troupes syriennes menaient des combats défensifs à Palmyre, estimant que le contrôle sur la ville sera rétabli rapidement. L'EI avait pris le contrôle de Palmyre en mai 2015 et en avait été chassé en mars dernier par l'armée gouvernementale syrienne avec l'aide de la Russie.

Impuissance internationale et urgence humanitaire
Une réunion internationale à Paris consacrée à la Syrie et la situation à Alep s'est achevée samedi avec des appels à mettre fin à la souffrance des civils et l'exhortation à trouver une solution politique.Face au carnage, les tractations diplomatiques se poursuivent même si la communauté internationale semble incapable de mettre fin aux violences, néanmoins c'est l'urgence humanitaire qui a dominé la réunion (l'arrêt des combats et l'acheminement de l'aide humanitaire).

Au total, environ 130.000 civils ont quitté les quartiers de l'opposition depuis le début de la vaste offensive dont Plus de 10.000 civils ont fui les quartiers rebelles d'Alep ces dernières 24 heures pour rejoindre des secteurs sous contrôle gouvernemental, selon l'OSDH. Le Fond des Nations unies pour l'enfance (Unicef) a pour sa part dénombré un demi-million d'enfants à Alep qui ont besoin d'un  soutien psycho-social, et 100.000 parmi eux d'une assistance spéciale.

«Il y a de sérieuses inquiétudes pour les civils restés dans les quartiers tenus par la rébellion, qui seraient plusieurs milliers», a indiqué le  directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane. La semaine dernière, la Russie affirmait que des négociations étaient en cours avec des responsables américains pour imposer un cessez-le-feu à Alep et obtenir le retrait des forces rebelles. Déclenché en mars 2011, le conflit syrien a fait plus de 300.000 morts et provoqué le déplacement de plus de la moitié de la population.