ONU/actions humanitaires : Les appels à l'aide se multiplient face aux situations d'urgence

Publié par DK News le 05-12-2016, 17h26 | 39

Les appels de l'ONU à la générosité humaine se multiplient pour venir en aide à près de 130 millions de personnes en situation d'urgence à travers nombre de pays en raison des conflits armés, catastrophes naturelles et épidémies qu'affronte le monde actuel.

L'Organisation des Nations Unies a lancé lundi un énième cri à qui veut l'entendre. Il s'agit d'un appel à la collecte d'un fonds record de 22,2 milliards de dollars (20,9 milliards d'euros) pour financer en 2017 ses programmes d'aide humanitaire aux personnes vulnérables dans le monde.

L'ONU estime qu'en 2017, quelques 128,6 millions de personnes dans 33 pays auront besoin d'une assistance humanitaire.  Mais les besoins immédiats ont été recensés en Syrie, au Soudan du Sud, au Yémen et au Nigeria, et c'est pour aider uniquement les plus vulnérables d'entre eux - 92,8 millions de personnes que l'ONU réclame 22,2 milliards de dollars.

«De plus en plus de personnes ont des besoins humanitaires, car les crises durent de plus en plus longtemps», a relevé le patron des opérations humanitaires de l'ONU, Stephen O'Brien, dans la présentation de cet appel de fonds.

En outre, «avec le changement climatique, les catastrophes naturelles vont vraisemblablement devenir plus fréquentes, plus violentes et plus sévères», a-t-il ajouté.
L'Afrique a les plus grands besoins humanitaires, selon l'ONU
Sur les 27 plans d'urgence prévus par le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (OCHA) en 2016, 21 étaient prévus en Afrique. En cause, le réchauffement climatique et la multiplication des conflits armés.

En 2016, l'Agence onusienne prévoit une augmentation de plus de 300% du budget des aides en Libye, et d'environ 150% au Nigeria. Le bassin du Lac Tchad, avec les enjeux liés aux populations déplacées qui fuient Boko Haram, fera l'objet d'un plan d'urgence spécifique. Selon OCHA, 14,6 millions de personnes sont concernées.

Deux autres plans d'aide d'urgence aux réfugiés devraient être mis en place autour du Burundi et de la Centrafrique. En Centrafrique, plus de la moitié de la population nécessite une aide humanitaire immédiate, selon le rapport.

Le budget des aides 2016 s'y élève à 512 millions d'euros. C'est, au fait, un des plus élevés du continent, avec celui du Soudan du Sud.
Deuxième inquiétude des Nations Unies, l'augmentation de l'insécurité alimentaire. Le phénomène climatique El Nino, qui a atteint son plus haut niveau d'intensité en décembre 2015, devrait augmenter les sécheresses et les inondations, surtout en Afrique de l'Est. Plus de 15 millions d'Ethiopiens auront ainsi besoin d'aide alimentaire en 2016.

Manque criant de contributions
Le manque de financement est dramatique. Selon l'ONU, moins d'un tiers des 21,6 milliards de dollars nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires les plus urgents en 2016 ont été collectés pour le moment.

Pour 2016, l'appel à contribution revu à la hausse en cours d'année avec l'aggravation des conflits n'a permis de réunir que 11,4 milliards de dollars sur les 22,1 demandés, et les agences humanitaires de l'ONU terminent l'année avec un déficit de financement de 10,7 milliards de dollars, un chiffre légèrement supérieur à celui de l'an dernier.

Cette année, la journée de l'aide humanitaire, célébrée le 19 août de chaque année, intervient après le premier Sommet humanitaire mondial initié par le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Les leaders du monde réunis à Istanbul (Turquie) les 23 et 24 mai, s'étaient engagés collectivement à mener une série d'actions concrètes pour aider les pays à mieux se préparer à affronter les crises, définir une nouvelle approche pour gérer les déplacements forcés et garantir des sources de financements fiables pour répondre aux situations d'urgences.

Avec 60 millions de déplacés, de nombreux acteurs du secteur, Etats, organisations non gouvernementales et entreprises estiment que «le système humanitaire actuel est à bout de souffle et a besoin être repensé d'urgence».
Des appels ont été lancés aux pays à revenus élevés et intermédiaires pour qu'ils prennent leurs responsabilités en termes d'accueil et de soutien aux personnes déplacées et réfugiés, mais ces derniers (pays) se sont montrés peu réceptifs.

Les chiffres parlent d'eux mêmes, «les six pays les plus riches de la planète accueillent moins de 9% du nombre total de réfugiés et de demandeurs d'asile. L'Allemagne qui a accueilli la plupart des réfugiés arrivés en Europe (736.000) (des Syriens dans leur majorité), reste loin derrière la Turquie, le Liban et le Pakistan en termes de nombre de réfugiés sur son sol, et se place de peu devant l'Iran et l'Ethiopie.