Réduction du train de vie de l’Etat en France : Les anciens présidents au régime

Publié par Cherbal E-M le 08-10-2016, 18h46 | 84

Un décret présidentiel vient de paraître au Journal officiel de la République française pour consacrer le principe de la dégressivité des moyens humains, matériels et financiers mis par l’Etat à la disposition des  anciens présidents de la République.

Le texte stipule qu’au-delà de cinq ans, le nombre de collaborateurs sera ramené de sept à trois, et celui des agents de service de deux à un, en précisant que pour les présidents élus avant le 15 mai 2012, soit Valéry Giscard d’Estaing, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, la date d’effet pour les cinq est celle de la date d’entrée en vigueur du décret, tandis que pour  ceux élus après cette date, le compte commencera à la cessation des fonctions.

Il est outre prévu  de laisser les anciens présidents continuer à bénéficier de "locaux meublés et équipés, dont le loyer, les charges et les frais généraux sont pris en charge par l'Etat", de même qu’ils auront toujours droit   "pour leurs activités liées à leurs fonctions d'anciens chefs de l'Etat, de la prise en charge des frais de réception ainsi que des frais de déplacement, pour eux-mêmes et un collaborateur".

Le site d’information Mediapart avait abordé la question, le 20 septembre dernier, en évoquant un coût annuel de 10,3 millions d’euros pour le budget de l’Etat français ; en effet, un ancien président français ouvre toujours droit à « deux policiers pour sa protection rapprochée, un appartement de fonction, deux domestiques, une voiture avec chauffeur, sept collaborateurs… et une dotation annuelle de 65.000 euros », indique le site 20minutes.fr

De son côté, le député de l’Aisne, René Dosière, qui s’intéresse au suivi de la dépense publique a lui aussi, souligné au mois d’avril dernier le coût de cette rubrique estimée à plus de 10 millions d’euros, dont « 6,8 millions consacrés à leur seule protection », selon le site www.francetvinfo.fr qui y ajoute «l'indemnité de membre du Conseil constitutionnel que seul Valéry Giscard d'Etaing (VGE) touche ( Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'y siégeant plus) et qui s'élève à "14.400 euros bruts mensuels. »

Sous le titre «Ce que coûte un ancien président», le site du quotidien économique lesechso.fr revient sur la question en mentionnant que parmi les anciens présidents encore en vie, pris en charge par l’Etat français, «Valéry Giscard d'Estaing coûte le plus cher, avec 3,9 millions d'euros de dépenses par an dont 2,5 millions en protection, 1,1 million en personnel et 300.000 euros en fonctionnement », écrit-il, ajoutant que c’est ensuite « Nicolas Sarkozy, avec 3,3 millions d'euros (1,8 million en protection, 1,2 million en personnel, 300.000 en fonctionnement), puis Jacques Chirac, qui coûte à l'Etat chaque année 2,4 millions d'euros (1,3 million en protection, 900.000 euros en personnel, 200.000 en fonctionnement) ».

Jean-Christophe Picard, président de l’association Anticor, qui milite pour une «éthique en politique», cité par le site francetvinfo.fr estime que même si ce texte apporte un peu plus de clarté dans la démarche, il n’en demeure pas moins insuffisant, au regard des attentes de l’opinion publique, d’une part, et, d’autre part, considérant, explique-t-il que  « certains candidats à la présidentielle sont privilégiés. Prenons le cas de Nicolas Sarkozy : lorsqu'il profite d'avantages liés à son statut d'ancien président de la République et qu'il mène campagne, c'est problématique.»