Le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi : « Tous les Tunisiens doivent soutenir le gouvernement d'union nationale »

Publié par DKNews le 21-08-2016, 16h58 | 33

Le directeur exécutif de Nidaa Tounes, Hafedh Caïd Essebsi a souligné, hier, que "tous les Tunisiens doivent soutenir le gouvernement d'union nationale qui donne de l'espoir à la jeunesse tunisienne et compte relever les défis divers auxquels est confronté le pays notamment la crise économique".

Dans une déclaration à l'agence TAP, il a indiqué que "ce gouvernement formé de jeunes compétences et de 8 femmes travaillera dans une ambiance harmonieuse étant donné qu'il est soutenu par un grand nombre de partis politiques et d'organisations qui ont contribué à sa formation dès le départ à travers la signature du document de Carthage.

" Hafedh Caïd Essebsi a exprimé son souhait de voir les membres du gouvernement, qui représentent pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie presque toutes les fractions politiques y compris celles qui ne sont pas représentées au parlement, travailler ensemble dans le cadre d'une équipe soudée et homogène.

Samedi, le chef de gouvernement désigné, Youssef Chahed, a annoncé la composition de son cabinet, appelé à faire face à "une conjoncture difficile et exceptionnelle".

Dans une déclaration télévisée, M. Chahed a souligné assumer "l'entière responsabilité" dans le choix des membres du nouveau gouvernement, qui regroupe "des personnalités politiques et des compétences nationales".

Les ministères régaliens n'ont pas changé de titulaires avec Hedi Majdoub à l'Intérieur, Khemaies Jehinaoui aux Affaires étrangères et Farhat Horchani à la Défense nationale.

Les principaux ministres sortants sont ceux de la Santé, des Finances, Slim Chaker, pressenti pour un poste de conseiller présidentiel, et du Développement, de l'Investissement et de la Coopération internationale, Yassine Brahim, président du parti Afek Tounès, qui a formulé le voeu de ne pas rempiler. 

Composée de 26 ministres et de 14 secrétaires d'Etat, l'équipe gouvernementale comprend 8 femmes et 14 jeunes, dont 5 âgés de moins de 35 ans, a précisé Youssef Chahed, lui-aussi a bientôt 41 ans, qui dit avoir tenu la promesse de donner une place de choix à ces deux catégories sociales dans son équipe.  "Nous n'avons pas le droit de décevoir les Tunisiens", a-t-il lancé, appelant l'ensemble des acteurs politiques et sociaux à "assumer leurs responsabilités devant les citoyens".

Il a rappelé les "cinq priorités" de son gouvernement, qui sont la poursuite de la lutte antiterroriste -avec le maintien de l'équipe sécuritaire-, la déclaration de la guerre contre la corruption, l'accélération du rythme de croissance, le maintien des équilibres financiers et, enfin, la question de la propreté et de l'environnement. 

Un peu plus tôt, Youssef Chahed a présenté la composition de son cabinet au chef de l'Etat Béji Caid Essebsi, tout en assurant qu'il a oeuvré pour "associer l'ensemble des composantes aux consultations".

Le nouveau gouvernement doit se présenter, désormais, pour un vote de confiance devant l'Assemblée des représentants du peuple (ARP, Parlement) qui, selon toute vraisemblance, devra tenir une session extraordinaire. 

Yousef Chahed est un technocrate reconverti dans la politique au sein du parti de Nidaa Tounès, formation fondée par Béji Caid Essebsi et vainqueur des législatives de 2014.

Il a été désigné le 3 août dernier pour conduire l'exécutif en Tunisie, après que le Parlement a voté, à une écrasante majorité, pour le retrait de confiance au gouvernement Essid, qui refusait de présenter sa démission pour baliser le terrain devant l'avènement d'un gouvernement d'union nationale, tel que souhaité par le chef de l'Etat.

Neuf partis et trois organisations nationales, essentiellement la puissante centrale de l'UGTT et le patronat, ont adhéré à l'initiative présidentielle, annoncée le 2 juin dernier, en vue de la mise en place d'un gouvernement jouissant du consensus le plus large.