Les femmes musulmanes sont la catégorie la plus économiquement défavorisée dans la société britannique, selon un rapport établi par le parlement du Royaume-Uni, qui fait état d’une «réelle discrimination» de la société à l’égard de la femme musulmane.
«Les femmes musulmanes vivant au Royaume-Uni sont trois fois plus susceptibles d'être au chômage et à la recherche d'un emploi que les femmes en général, et plus de deux fois plus susceptibles d'être économiquement inactives», a constaté le rapport du comité parlementaire, femmes et égalités, publié jeudi sur le site web du parlement.
Selon le comité, de nombreuses femmes musulmanes au Royaume-Uni font face à trois obstacles dans leurs perspectives d'emploi, du fait qu’elle soient «femmes, appartiennent à une minorité ethnique et sont musulmanes».
Le rapport ajoute que «la principale cause des difficultés à trouver un emploi, ressentie par une musulmane, est sa religion», suggérant que «l'impact de l'islamophobie sur les femmes musulmanes ne doit pas être sous-estimé».
«Elles sont 71% plus susceptibles que les femmes chrétiennes d'être au chômage, même quand elles ont les mêmes compétences de niveau et de la langue», relève le comité, qui affirme que la femme musulmane fait face à des «problèmes particuliers de discrimination».
Il est affirmé que les femmes musulmanes en particulier, font face à «des niveaux vraiment inacceptables de discrimination qui provient du lieu de travail, des employeurs, mais aussi au sein des autres communautés».
Les députés ont proposé au gouvernement de nouvelles mesures de recrutement, tel que, «ne pas permettre aux employeurs de voir les noms des candidats demandeurs d'emploi, susceptibles d'obtenir une entrevue d’embauche.»
«Le Gouvernement doit prendre des mesures pour faire en sorte que les employeurs soient conscients de leurs obligations légales et les employés habilités à contester la discrimination», estime le comité.
Les chiffres de 2015 avancés par les députés, montrent que «les femmes musulmanes sont le groupe le moins réussi économiquement dans la société britannique.»
En âge de travailler, 35% des femmes musulmanes avaient un emploi à l'échelle nationale, 16% étaient au chômage et à la recherche du travail alors que la moyenne nationale était de 5%, souligne le rapport.
La comparaison est plus significative dans la proportion de femmes classées inactives. En 2015, 27% des femmes britanniques étaient inactives, cependant, le chiffre était de 58% chez les musulmanes.
Selon le comité parlementaire, près de la moitié (44%) des femmes musulmanes sont économiquement inactives, alors que la moyenne nationale des femmes inactives est de 16%.
L’explication avancée, basée sur des témoignages, est que, les femmes mariées dans les communautés musulmanes sont «souvent mères au foyer», tandis que leurs maris sont les soutiens de famille.
«La loi sur l'égalité doit être appliquée à tous et à toutes, indépendamment de la foi, et toutes les communautés devraient être libres de faire leurs propres choix sur tous les aspects de leur vie, y compris l'éducation, l'emploi et l’accoutrement», soutient le rapport.
Il est également souligné, que selon les chiffres du gouvernement britannique, il y a aujourd’hui 45% plus de femmes musulmanes dans le travail qu'en 2011, ce qui signifie que la situation était pire.
Le rapport estime que l'engagement du gouvernement en faveur de l’intégration des minorités doit être accompagné d’une stratégie «cohérente axée sur des groupes spécifiques, y compris les musulmans», et recommande qu'un plan devrait être élaboré d'ici la fin 2016.
«Le gouvernement doit mettre en place un plan de lutte contre les inégalités rencontrées par les musulmans d'ici la fin de l'année,» a indiqué le comité, qui a proposé 19 recommandations.
La présidente du comité femmes et égalités, Maria Miller, a déclaré la «nécessité urgente» de faire de l'égalité des chances au Royaume-Uni, une «réalité pour les personnes de toutes les confessions et origines».
A noter que le rapport souligne les contributions «positives des musulmans» en général, à travers le Royaume-Uni, mais qu’en contre partie, les musulmans «éprouvent les plus hauts niveaux de désavantage» sur le marché du travail.