La France sous le choc, la classe politique se déchire

Publié par DK News le 16-07-2016, 17h07 | 42

 La France était sous le choc samedi après le carnage  perpétré jeudi contre des estivants à Nice, alors que la classe politique se  déchire, consommant ainsi l’unité nationale née après les deux attentats terroristes  de janvier et novembre 2015.
Plus de 36 heures après la folie meurtrière d’un Français d’origine  tunisienne, à bord d’un camion, qui a foncé droit ciblant une foule nombreuse  d’estivants à la Promenade des Anglais, la France compte dans la douleur ses  morts.  
Selon un bilan, toujours encore provisoire, cet attentat, revendiqué  samedi par l’organisation terroriste autoproclamée "Etat islamique (Daech),  a fait au moins 84 morts, dont 10 enfants (2 Algériens) et adolescents et une  femme algérienne qui était en visite familiale à Nice. Selon le Procureur de  Paris, chargé de l’enquête judiciaire, le bilan pourrait encore s'alourdir avec  ses 202 blessés, dont 52 en "état d'urgence absolue" qui sont "entre la vie  et la mort".
Trois jours de deuil ont été décrétés à compter de samedi et les drapeaux  étaient déjà en berne dès vendredi. Le gouvernement a également décidé  de prolonger la durée de l’état d’urgence, qui devra prendre fin le 26 juillet.
"Un projet de loi permettant la prorogation de l'état d'urgence pour  une durée de trois mois supplémentaires sera présenté en Conseil des ministres,  après avis du Conseil d'Etat, mardi prochain, pour que le Parlement puisse examiner  ce texte mercredi et jeudi prochains", avait indiqué vendredi le Premier ministre  Manuel Valls.  
Du côté de l’enquête, cinq proches de l’auteur du carnage, Mohamed  Lahouaiej-Bouhlel, que sa famille atteste qu’il n’a aucune relation ni de près  ni de loin avec la religion musulmane, ont été placés en garde à vue. Quatre  hommes ont été interpellés à Nice, vendredi et samedi et son ex-femme était  toujours samedi en garde à vue.
Les enquêteurs cherchent à déterminer si le tueur a pu bénéficier de  complicités. Par ailleurs, la classe politique autour des questions liées à  la prévention, au renseignement et à l’efficacité des moyens mis dans la lutte  antiterroriste, depuis les attentats de Paris et de Saint-Denis du 13 novembre  2015, qui avaient fait 130 morts.
L’esprit du 11 janvier, qui s’était manifesté après les attentats de  Charlie Hebdo et de la supérette Hyper Cacher, et l’unité nationale constituée  au lendemain de attentats du 13 novembre, ont fait pratiquement long feu.
Quelques heures à peine de l’attentat, l'opposition n'  pas cessé de  critiquer le gouvernement, lui reprochant le manque de réalisme dans la lutte  contre le terrorisme et de n’avoir pas utilisé tous les moyens, mis en place  depuis 2015, pour protéger les Français.
Le président François Hollande, dont son mandat présidentielle est éprouvé  par trois importants attentats terroristes, s’est dit, en réaction à ces critiques,  refuser de "s'abaisser à je ne sais quelle outrance, excès".
"Si tous les moyens avaient été pris, le drame n'aurait pas eu lieu",  a affirmé l'ancien Premier ministre Alain Juppé. "Bien sûr qu'il faut faire  plus, qu'il faut faire mieux. D'abord en ce qui concerne nos services de renseignement",  a-t-il estimé.
"On a un exécutif qui s'arc-boute sur des certitudes qui n'en sont pas,  qui ne veut pas regarder une autre réalité en face", a pour sa part relevé  le député (Les Républicains) Georges Fenech, président de la commission d'enquête  parlementaire sur les attentats de 2015.  
Face à cette polémique, Manuel Valls a appelé à "faire bloc", soulignant  que qu’une campagne présidentielle "ne mérite pas qu'on divise le pays".