Colombie : Un vote contre l'accord de paix anéantirait le processus

Publié par DK News le 12-07-2016, 16h29 | 49

Le chef des négociateurs du gouvernement colombien avec les Farc a déclaré que si le «non» l'emportait au plébiscite sur l'accord avec la guérilla le processus de paix serait anéanti, selon un interview publiée lundi. «Si le peuple dit non, le processus sera achevé et n'aura produit aucun résultat», a déclaré Humberto de la Calle dans cet entretien publié par le quotidien El Tiempo, en référence à la consultation pour ou contre l'accord de paix négocié depuis novembre 2012. «Si le non l'emporte, nous aurons perdu, entre guillemets, quatre ans de notre vie», a-t-il ajouté. M. De La Calle a rappelé que le président Juan Manuel Santos avait avertiv qu'en cas de rejet de l'accord dans les urnes, «le processus sera terminé» avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), mené à Cuba pour mettre fin à 52 ans de conflit armé avec cette guérilla.  Le 23 juin dernier, le gouvernement et les Farc ont signé un agrément de cessez-le-feu bilatéral et de désarmement des rebelles, qui entrera en vigueur une fois l'accord de paix définitif conclu. Ils ont en outre convenu que cet accord serait soumis à l'approbation des électeurs, selon une mécanisme dont doit décider la Cour constitutionnelle, qui examine actuellement le projet de loi d'un plébiscite.
«Cela me semble fondamental que les gens puissent voter et prendre leur décision», a estimé M. De La Calle. Il a par ailleurs qualifié d'«extrêmement préoccupante» la déclaration faite la semaine dernière par un front de la guérilla contre les accords de La Havane, mais souligné avoir eu l'«impression» durant les pourparlers de paix que «la
direction des Farc commande et maintient le contrôle» des troupes. «Ce ne serait pas la première fois que lors d'un accord, il y ait un certain type de factions rebelles. Ce n'est pas si étonnant que cela paraît, mais ne le justifie ni n'en fait quelque chose de secondaire. C'est extrêmement sérieux, grave», a-t-il déclaré. La Colombie est meurtrie depuis plus d'un demi-siècle par un conflit armé qui, au fil des décennies, a impliqué plusieurs guérillas d'extrême-gauche, des milices paramilitaires d'extrême-droite et forces armées, faisant au moins 260.000 morts, 45.000 disparus et 6,9 millions de déplacés.