Soudan du Sud : Au moins 36.000 déplacés depuis vendredi

Publié par DK News le 12-07-2016, 16h19 | 39

Au moins 36.000 personnes ont été déplacées par les combats au Soudan du Sud depuis vendredi, a indiqué mardi l'ONU, après quatre jours d'affrontements meurtriers à Juba entres forces gouvernementales et ex-rebelles.

 "Les derniers combats depuis vendredi ont déplacé 36.000 personnes", a expliqué une porte-parole du Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (Ocha), Vanessa Huguenin, précisant que ce chiffre risquait d'évoluer en raison de la volatilité de la situation. Ces personnes - en majorité des femmes et des enfants - ont fui les affrontements et se sont réfugiées dans les sites de protection des civils de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (Minuss) et dans d'autres endroits de la capitale, selon l'Ocha.

"Il est impératif que les civils soient autorisés à se déplacer librement pour se réfugier et que le personnel humanitaire soit protégé pour avoir un accès immédiat, sûr et sans entrave aux personnes" qui ont besoin d'aide, a indiqué le bureau de l'ONU. "La situation humanitaire est grave et les besoins sont immenses.

De fortes pluies dans certaines parties de Juba ont aggravé la situation", souligne par ailleurs l'Ocha. Sur le terrain, le cessez-le-feu décrété la veille par les deux camps rivaux était respecté mardi matin dans la capitale du Soudan du Sud.

Retour au calme à Juba après le cessez-le-feu
Le calme semblait être de retour mardi matin à Juba, la capitale du Soudan du Sud, au lendemain d'un cessez-le-feu annoncé après quatre jours de combats meurtriers entre forces loyalistes et ex-rebelles, ont indiqué les médias. Contrairement aux jours précédents, aucun coup de feu ou tir d'artillerie n'était entendu, aucun char ne circulait dans les rues et aucun hélicoptère de combat n'était visible dans le ciel de Juba, selon la même source et des médias locaux.

"La situation est calme tout près de l'aéroport", où de violents combats avaient éclaté lundi, a par ailleurs affirmé un habitant de Juba. De vendredi soir à lundi, Juba a été le théâtre d'affrontements entre forces loyalistes fidèles au président Salva Kiir, et les ex-rebelles répondant aux ordres du vice-président Riek Machar. Ces nouveaux combats ont fait "plus de 300 morts" dans la seule journée de vendredi, selon le ministre de l'Information, Michael Makuei, mais aucun bilan n'est disponible pour les jours suivants. Ces combats mettent en péril l'accord de paix du 26 août 2015, dont la mise en oeuvre est très compliquée depuis le retour fin avril de Riek Machar dans la capitale sud-soudanaise.

Ban Ki-moon appelle à prendre des "sanctions ciblées"
Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a vivement dénoncé lundi matin la reprise des combats ces derniers jours dans la capitale du Soudan du Sud, Juba, appelant le Conseil de sécurité de l'ONU à imposer un embargo immédiat sur les armes dans le pays et à prendre des sanctions ciblées supplémentaires contre les responsables. "La reprise des combats est scandaleuse. C'est un nouveau revers. Elle aggrave les souffrances du pays. Elle tourne en ridicule les engagements pris en faveur de la paix", a déploré M. Ban lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU, à New York.

 Selon un communiqué de l'ONU, le secrétaire général a tout particulièrement condamné les meurtres de deux casques bleus chinois de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS), dont les camps et sites de protection des civils à Juba ont été pris pour cible lors de la reprise des combats dans la capitale, les 7, 8 et 10 juillet, entre soldats de l'Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et de l'APLS/opposition. M. Ban a également condamné fermement les attaques aveugles contre des civils, précisant que des milliers d'entre eux ont fui leur domicile et notamment trouvé refuge dans les deux camps de la MINUSS à Juba. Il a aussi indiqué qu'au moins deux personnes déplacées ont été tuées dans les sites de protection des civils de la MINUSS dans la capitale et environ 35 autres blessées.

"Les dirigeants u Soudan du Sud ont une fois de plus abandonné leur peuple. Rarement un pays aura gaspillé aussi rapidement autant d'espoir", a dénoncé le chef de l'ONU, constatant l'échec des dirigeants du pays et appelant à ce que justice soit faite pour les atrocités commises au Soudan du Sud depuis 2013. "Ce ne sont pas seulement les dirigeants qui doivent rendre des comptes, mais toute la chaîne de commandement, y compris les chefs du personnel et autres fonctionnaires, complices de la violence", a-t-il dit.

Dans ce contexte, M. Ban a appelé le Conseil de sécurité de l'ONU à imposer un embargo immédiat sur les armes vers le Soudan du sud et à prendre des sanctions ciblées supplémentaires contre les responsables qui entravent la mise en ?uvre de l'Accord de paix. Il a aussi jugé nécessaire de renforcer les effectifs de la MINUSS, estimant qu'elle avait "désespérément" besoin d'hélicoptères de combat et d'autres matériels pour remplir son mandat de protection des civils. Le secrétaire général a par ailleurs exhorté le président Salva Kiir et le premier vice-président Riek Machar à désamorcer les violences et à ordonner à leurs troupes respectives de regagner leur caserne.