Yémen : Poursuite des négociations à Koweït, les belligérants discutent des questions de fond

Publié par DK News le 06-05-2016, 16h32 | 34

Les négociations de paix, menées sous l’égide de l’ONU, qui ont réuni jeudi au Koweït les parties en conflit au Yémen, ont discuté de questions de fond, a annoncé le médiateur de l'ONU.

"Trois équipes de travail conjointes ont débattu des moyens de résoudre des questions d'ordre politique et de sécurité ainsi que de la libération des détenus et des prisonniers", a explicité aux journalistes Ismaïl Ould Cheikh Ahmed lors d'une conférence de presse.

"Nous avons appris que des violations du cessez-le-feu ont été commises ces deux derniers jours, ce qui est inquiétant", a commenté le médiateur de l'ONU, soulignant toutefois que ces violations ne devraient pas affecter les négociations de paix.

Les négociations sont à leur troisième semaine alors que les protagonistes s'accusent mutuellement de ne pas respecter la trêve, constamment violée depuis son entrée en vigueur le 11 avril dernier. Les discussions ont été interrompues pour ce même motif dimanche.

En effet, la délégation du gouvernement a claqué la porte en accusant les rebelles d'avoir pris la veille la base Al-Amaliqa, située au nord de Sanaa, en violation de la trêve.Elles ont quand même repris mercredi après la mise en place d'une commission d'enquête sur Al-Amaliqa qui, selon le médiateur, doit soumettre ses conclusions vendredi.

Les objectifs des discussions
Les trois équipes de travail, mises en place comprennent des membres de la délégation du gouvernement et de celle des rebelles Houthis et de leurs alliés.Ils se pencheront sur un éventail d’objectifs dont l’introduction d’un cessez-le-feu durable à l’échelle nationale, la libération des prisonniers et des détenus, le retrait mutuel des forces, l’introduction de mesures de sécurité provisoires, le retour organisé des armes lourdes sous contrôle de l’Etat yéménite, la restauration des institutions publiques et de leurs fonctions sous le contrôle de l’Etat, en plus de la reprise d’un dialogue politique national inclusif.

Situation humanitaire catastrophique
Les négociations difficiles visent à mettre fin à un conflit qui a fait depuis plus d'un an 6.400 morts, 30.500 blessés et 2,8 millions de déplacés dans ce pays pauvre de la péninsule arabique, selon des estimations de l'ONU qui précise qu'au moins 21 millions de yéménites ont besoin d’une aide humanitaire.  Les Yéménites seraient, selon Human Rights Watch, "victimes de crimes de guerre commis à leur encontre par l'Arabie saoudite" qui a pris fin mars 2015 la tête d'une coalition militaire arabe pour empêcher les houthis de prendre le contrôle du Yémen.

En effet, un récent rapport de cette ONG accuse l’Arabie saoudite d’avoir fais usage d’armes prohibées fournies par le Royaume-Uni et les Etats-Unis.Le conflit au Yémen a été déclenché quelques mois après une vaste offensive lancée en juillet 2014 par les insurgés à partir de leur fief dans le nord, qui leur a permis de s'emparer progressivement de vastes régions dont la capitale Sanaa, avec l'aide d'unités militaires restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh.

Le pouvoir aidé de la coalition, a reconquis en 2015 certaines régions, principalement dans le sud, mais le conflit s'est ensuite enlisé relançant le groupes terroristes que les forces gouvernementales yéménites appuyées par l'aviation de la coalition arabe bombardent notamment pour les déloger de la province d'Abyane dans le sud du pays.