La valorisation de l'expérience professionnelle des enseignants un «énorme effort» de la Fonction publique

Publié par DK News le 04-04-2016, 18h46 | 166

La ministre de l'Education nationale, Nouria Benghabrit a indiqué hier à Alger que la décision de valorisation de l'expérience professionnelle des enseignants contractuels par «bonification des points» était un «énorme effort» consenti par la Fonction publique.

Tout en soulignant que le  s d'expérience des contractuels «servira de bonification», Mme Benghabrit a réaffirmé l'«impossibilité d'aller vers un recrutement direct et par conséquent le maintien du concours».

Invitée de la Radio nationale (Chaîne III), la ministre qui a qualifié cette décision d’«hybridation» entre les deux systèmes de recrutement de la Fonction publique, a lancé un appel à cette catégorie l'invitant à rejoindre les  postes de travail pour la continuité de la scolarité.

«Le 3e trimestre est très court, et notre point d'ancrage essentiel dans la gestion est comment assurer la pérennité de la scolarité. Si celle-ci s'avère menacée nous prendrons les mesures que la réglementation nous permet de mettre en oeuvre», a-t-elle dit tout en se félicitant de la stabilité qu'a connu le secteur jusque-là, et à laquelle ont contribué les partenaires sociaux.

Dans ce sens, la ministre a exprimé ses «regrets» quant aux tentatives de «récupération politique» par certaines parties de ce mouvement, précisant que «le mouvement est encadré par l'UNPEF et le CNAPEST, ainsi que des députés de certaines formations politiques»

Elle a réitéré en outre, sa «détermination» à mettre en £uvre des normes et des procédures pour la contractualité. Evoquant l'aspect de la formation, Mme Benghabrit a estimé qu'«il y a un vrai besoin en la matière, annonçant dans ce sillage l'organisation le 11 et 12 avril courant d'un séminaire sur la didactique en mathématiques sachant que le secteur se trouve actuellement dans une situation de «transition», pour aller dans cinq (5) ans, vers un recrutement uniquement des sortants des Ecoles normales supérieures (ENS).

Tout en mettant l'accent sur les conditions d'organisation du concours confiée à l'Office national des examens et concours (ONEC) pour lui garantir un maximum de crédit, elle a indiqué que près de 500 000 candidats se sont inscrits sur le site dédié à cette opération.

Les enseignants contractuels qui ont entamé le 27 mars à partir de la ville de Bejaia en passant par Bouira une marche de protestation «pacifique» pour revendiquer l'«intégration sans condition dans la Fonction publique et sans avoir à passer le concours national de recrutement», avaient refusé, dimanche, de reprendre les pourparlers avec les représentants du ministère de l'Education nationale.

Dans une déclaration à l'APS au terme d'un court sit-in devant le siège de la Direction de l'Education de Boumerdès, M. Bachir Saidi, représentant des enseignants contractuels, a insisté sur la poursuite de leur action «jusqu'à la satisfaction de leurs droits légitimes».

Un concours sera organisé le 30 avril pour le recrutement de plus 28.000 enseignants pour les trois cycles d'éducation (primaire-moyen-secondaire).Les résultats de l'examen écrit seront connus le 12 mai, permettant aux candidats retenus de passer le test oral les 8 et 9 juin, alors que les résultats définitifs seront rendus publics le 30 juin.

Les spécialités ont été élargies cette année à 28 nouvelles filières à l'instar des sciences politiques, des sciences de la communication, du droit, de l'économie et de certaines spécialités scientifiques.  

Les lois de la Fonction publique interdisent : le recrutement direct et sans concours

La réglementation en vigueur et les lois de la Fonction publique interdisent le recrutement direct et sans concours, a rappelé hier le ministère de l'Education nationale, soulignant que le recrutement externe par voie de concours «n'est qu'une exception» au niveau du secteur.

«Il est à rappeler que la réglementation en vigueur et les lois de la Fonction publique interdisent le recrutement direct et sans concours.Pour l'éducation nationale l'accès aux postes d'enseignants devrait normalement être accordé exclusivement aux sortants des Ecoles normales supérieures (ENS)», explique un communiqué du ministère.

Le recrutement externe par voie de concours «n'est qu'une exception au niveau de l'éducation nationale», précise la même source, soulignant que le recrutement du contractuel «n'obéit pas à des critère préalablement définis».«Une telle modalité de recrutement favorise celles et ceux qui ont accès à l'information d'un poste vacant à pourvoir sous contrat en temps voulu», poursuit la même source.

Pour le concours 2016, le ministère a assuré que toutes les dispositions «ont été prises à toutes les étapes de l'organisation dudit concours, de l'inscription à distance jusqu'à la proclamation des résultats définitifs, avec l'assurance de l'intégrité, la transparence et l'équité notamment grâce aux moyens technologiques».

L'examen «obéit aux règles de rigueur notamment, celles de l'anonymat qui sera garanti», affirme la même source.Les dispositions réglementaires «confèrent à l'ordonnateur le droit à la rupture unilatérale et sans délai du contrat si la pérennité de la scolarité est menacée, droit constitutionnel de l'élève et obligation statutaire du ministère», rappelle en outre le communiqué.

Le ministère a tenu à porter à la connaissance des enseignants contractuels les conclusions finalisées avec la direction générale de la Fonction publique et de la Réforme administrative, affirmant à cet égard que les années d'expérience seront valorisées sur une échelle de un (1) point par année d'exercice à hauteur de six (6) points.

«Cela permet aux bénéficiaires de prétendre à une bonification lors du concours de recrutement actuellement entamé», assure la même source.Le ministère a réitéré son engagement «à oeuvrer dans le respect des objectifs de la réforme qui placent en priorité l'intérêt de l'élève et la qualité de l'éducation qui lui est dispensée».

«Nul doute que l'appel à la sagesse rencontrera un écho favorable chez celles et ceux qui ont à cœur d'accomplir la noble mission d'éducation et d'instruction», conclut le ministère.

Mme Benghebrit invite les enseignants contractuels protestataires à participer au concours national de recrutement

La ministre de l'Education nationale, Nouria Benghebrit, a invité hier les enseignants contractuels participant à la marche de protestation à s'inscrire "au plus vite" au concours national de recrutement, avant la date du 14 avril.

Les enseignants contractuels protestataires revendiquent leur intégration "sans restriction ni condition dans la Fonction publique et sans avoir à passer le concours national de recrutement".
Les résultats des négociations entre le secteur de l'Education et la direction de la Fonction publique sont "très positifs", car ayant permis "la valorisation de l'expérience professionnelle de ces enseignants contractuels", a déclaré Mme Benghebrit à la presse après avoir présenté un exposé sur l'activité du secteur devant la commission de l'Education, de l'enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des affaires religieuses de l'Assemblée populaire nationale (APN).

"Le recrutement direct des contractuels est impossible. La loi est claire et ne le permet pas", a-t-elle affirmé, précisant que "500.000 candidats sont inscrits à ce concours qui permettra le recrutement de plus 28.000 enseignants pour les trois paliers (primaire-moyen-secondaire) le 30 avril prochain". La ministre a affirmé l'attachement de son secteur à assurer la "transparence et l'équité" de ce concours, dont l'organisation a été confiée à l'Office national des examens et concours (ONEC).

Par ailleurs, la ministre de l'Education a présenté un exposé sur la politique de son secteur à travers lequel elle a mis en avant les "réalisations positives accomplies notamment dans le domaine socioprofessionnel".

La "phase actuelle exige la conjugaison des efforts de tous les acteurs en vue de développer les programmes d'enseignement particulièrement au plan pédagogique conformément aux standards internationaux en vigueur", a encore souligné Mme Benghebrit.

Elle a insisté dans ce contexte sur la "qualité" de l'enseignement en misant sur la formation des enseignants et personnel du secteur, rappelant que près de "60.000 enseignants et 1.800 inspecteurs ont bénéficié d'une formation à ce jour". La ministre a fait savoir que les programmes de deuxième génération s'inscrivaient dans le cadre des réformes du secteur et prendraient effet dès la prochaine rentrée scolaire.