Maroc: Trois syndicats appellent à une marche contre la politique économique et sociale du gouvernement début avril

Publié par Dknews le 24-03-2014, 17h14 | 22

Trois centrales syndicales marocaines ont décidé l’organisation d’une marche de protestation contre la politique économique et sociale du gouvernement et la détérioration des conditions des travailleurs, le 6 avril prochain à Casablanca, la capitale économique du Maroc, a-t-on indiqué dimanche de sources syndicales.

L'Union marocaine du travail (UMT), la Confédération démocratique du travail (CDT) et la Fédération démocratique du travail (FDT) ont décidé cette action lors d’une réunion des secrétaires généraux, vendredi à Casablanca, afin de dénoncer le «blocage» du dialogue social et «l'atermoiement» du gouvernement à résoudre les problèmes des travailleurs et des salariés, ajoute-t-on.

Cette manifestation a été initiée à cause de «l'absence de véritable volonté» du gouvernement d’engager la négociation collective sur le contenu du mémorandum conjoint de revendications qu'ils avaient présenté en février dernier au chef du gouvernement.Le mémorandum concerne notamment la reprise des négociations, la liberté syndicale, l’augmentation des salaires et la protection sociale, outre d’autres demandes touchant la législation du secteur social et des relations professionnelles et les revendications des classes sociales. 
Pour rappel, les trois syndicats avaient décidé en janvier, de constituer un front commun et de coordonner leurs actions notamment l’adoption d’une position unitaire contre le projet de réforme des régimes de retraites du gouvernement le qualifiant d'«unilatérale».

Estimant que le gouvernement (coalition dirigée par le Parti justice et développement -PJD- islamiste) cherchait à «imposer aux salariés à travaille plus et contribuer davantage pour des pensions réduites», ils avaient déclaré qu’ils tenaient l’exécutif pour «responsables de la tension sociale».Le chef de l’exécutif  Abdelilah Benkirane avait évoqué en janvier 2013 l’idée d’une réforme du régime des retraites préconisant notamment une prolongation de l'âge de mise à la retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse marocaine des retraites (CMR), déficitaire depuis la fin 2012.

La CMR serait dans l'incapacité de payer les pensions de ses retraités à partir de 2021 si aucune mesure n'est prise d'ici là, avait-il déclaré.  Selon le directeur de la CMR (réservée aux fonctionnaires du secteur public), Mohamed el Alaoui Abdellaoui le coût financier du retard dans la mise en place de la réforme du régime des retraites au Maroc est évalué à près de 20 milliards de dirhams (environ 1,8 Mds d'euros), pour chaque année au-delà de 2012.