Plus que jamais, l'expérience algérienne en matière de lutte contre le terrorisme fait école. Après les pays européens qui avaient relevé le haut degré de compétence de l'Algérie dans la lutte contre ce fléau transnational, c'est aujourd'hui aux pays africains de solliciter l'Algérie pour les aider à rétablir la paix, la sécurité et la concorde nationale, des critères obligatoires pour la reprise de la vie dans nombre de pays du Continent.
C'est en somme la grande conclusion des travaux, clôturés hier mardi à Oran, du 3ème séminaire de haut niveau sur la paix et la sécurité en Afrique.
Les ministres africains des affaires étrangères, des diplomates et des cadres des services de sécurité des pays de l'UA se sont ainsi accordés à dire que le fléau du terrorisme, du banditisme et du trafic de drogue ne sont que la simple facette d'une menace sur la paix et la sécurité des Nations.
L'Algérie, par la voie du ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, a rappelé à tous les pays membres de l'Union africaine que le terrorisme n'a ni frontières, ni humanité, et qu'il doit être combattu avec la plus extrême vigueur, car il est une menace permanente contre la paix et la sécurité, non pas seulement en Afrique, mais dans le monde. Bien plus, l'Algérie, qui a été à la pointe du combat contre ce fléau sait que "la relation trafic de drogue-terrorisme est avérée". "La relation trafic de drogue-terrorisme est avérée. C'est une source de financement des groupes terroristes, au même titre que le paiement des rançons'', assène le chef de la diplomatie algérienne.
C'est un peu dans ce sens que l'Algérie avait plaidé et réussi à mettre en place une police africaine, Afripol, pour justement fédérer les efforts de tous pour mieux coordonner la lutte antiterroriste en Afrique. Mais, également la grand banditisme. M. Lamamra a ainsi expliqué que «cette initiative algérienne renforce les outils de coopération interafricaine pour relever différents défis comme le trafic de drogue, les crimes transfrontaliers et le crime organisé». Pour autant, l'Afrique privilégie les moyens pacifiques pour lutter contre ce fléau, et laisse la porte ouverte à la réconciliation, la concorde nationale pour bâtir une paix civile qui soit durable, citoyenne.
Car la lutte contre le terrorisme ne peut être soutenue seulement par la force, les armes, mais il faut également lui donner une base sociale, démocratique, pour que les raisons de l'apparition du terrorisme soient effacées, corrigées. C'est le modèle algérien, qui a recueilli à Oran un soutien encourageant, nombre de pays africains ayant sollicité l'Algérie pour bénéficier de son expérience dans la lutte contre le terrorisme. La rencontre d'Oran aura été, rien que sur cet aspect, un succès, qui conforte la politique algérienne en matière de gestion du risque terroriste. C'est là également un hommage et une reconnaissance à la sagesse de la politique de la réconciliation nationale et de concorde civile mise en place avec succès par le président Bouteflika.
Boualem Branki