Les ruptures de stocks d'antirétroviraux provoquées par un système défaillant de distribution des médicaments «sapent les efforts de lutte contre le sida» en Afrique du Sud, en République démocratique du Congo (RDCongo) et au Mozambique, a dénoncé hier Médecins sans frontières (MSF).
«Les antirétroviraux ne parviennent pas systématiquement aux patients en Afrique sub-saharienne, alors que la plupart du temps les stocks sont déjà présents dans les pays», a affirmé MSF. Les médicaments «ne parviennent pas dans les cliniques secondaires à cause de procédures trop lourdes, de problèmes logistiques et de manque de ressources», explique l'organisation humanitaire dans un communiqué, publié à l'occasion de la Conférence internationale sur le sida et les infections sexuellement transmissibles en Afrique qui se tient à Harare jusqu'à vendredi. Selon une enquête conduite en 2013 et 2014 en Afrique du Sud, pays qui compte le plus de porteurs du virus du sida dans le monde avec 6,4 millions de séropositifs, 20 à 25% des centres de santés locaux ne pouvaient pas délivrer un ou plusieurs médicaments contre le sida ou la tuberculose, cette dernière maladie étant une cause majeure de mortalité chez les personnes séropositives. Dans 80% des cas, les médicaments étaient disponibles dans le pays mais ne l'étaient pas dans les cliniques, selon MSF qui publie un rapport intitulé «Etagères vides, revenez demain: Les ruptures de stocks d'antirétroviraux sapent les efforts de lutte contre le sida».
Au Malawi en revanche, «les antirétroviraux parviennent régulièrement» à destination, «prouvant que c'est de l'ordre du possible même dans un contexte de faibles ressources», selon MSF.