Conférence hier au Forum de la Sûreté nationale : Chute des prix du pétrole : une crise passagère, selon l’expert en économie Mourad Preure

Publié par DK News le 12-10-2015, 22h34 | 81

Dans le cadre de l’opération de sensibilisation initiée par le gouvernement et visant à éclairer les citoyens sur la réalité économique du pays, le Forum de la Sûreté nationale, a abrité hier à l’Ecole supérieure de police Ali-Tounsi, une conférence qui a porté sur les répercussions économiques de la chute des prix du pétrole.

Intervenant lors de cette rencontre, l’expert en économie, le Dr Mourad Preure, a affiché son optimisme quant à la reprise des prix du pétrole en affirmant que la crise actuelle n’est que temporaire. Dans ce cadre, l’orateur a assuré que les cours du pétrole connaîtront une hausse entre 2016 et 2018. «L’essor pétrolier américain n’est pas soutenable à long terme. Les USA n’ont pas les moyens pour remplacer la production issue de l’OPEP et du Moyen-Orient. L’épisode que nous vivons n’est que passager. La production américaine va se stabiliser en 2016 avant de commencer à décliner en 2017», a indiqué M. Preure qui a souligné au passage qu’à long terme, les prix du pétrole seront portés par une tendance haussière.

Selon l’expert, ce choc baissier peut durer plus longtemps que celui vécu dans les années 90 à cause de l’entrée en production du schiste américain. Les Etats-Unis sont passés d’une doctrine de dépendance à une doctrine d’indépendance énergétique, ce qui a pour effet de précariser la position des pays arabes, en particulier l’Arabie Saoudite.

D’après M. Preure, mener une guerre des prix contre les producteurs de schiste n’amènerait à rien car ces derniers ont la capacité de moduler leur production en fonction du marché. En plus de l’excédent de 2 millions de barils/jour, l’OPEP est également exposée à la mise sur le marché du pétrole iranien qui peut atteindre rapidement 1 million de barils par jour. Un accord entre les factions libyennes rajoutera 500 000 barils supplémentaires sur le marché sans oublier la production irakienne qui va elle aussi augmenter très rapidement.  Intervenant à leur tour, les représentants des ministères du Tourisme et de l’Agriculture, respectivement MM. Khalef Abderraouf et Fouad Chehat, ont affirmé que le tourisme et l’agriculture peuvent constituer une alternative à l’économie nationale. «A lui seul, le secteur du tourisme représente 10% du PIB mondial. Il est à la fois un secteur générateur d’emplois et créateur de richesses», a indiqué M. Abderraouf. De son côté, le secteur de l’agriculture peut contribuer à la baisse de la facture des importations par l’augmentation de la production et la diversification de l’économie nationale, a souligné M. Chehat.

Rachid Rachedi