L'idée de la mise en place d'une taxe européenne exceptionnelle destinée à financer la gestion de la crise des migrants, évoquée dimanche par la presse allemande, a été mal accueillie par la France qui estime que ce serait une «mauvaise idée», selon son ministre des Finances Michel Sapin qui préconise plutôt le recours à des économies.
«Ca me parait une mauvaise idée», a dit M. Sapin hier à la radio France Info.
«Il faut financer évidemment l'accueil des réfugiés.Mais compte tenu des sommes en jeu, je crois qu'on est capable de le faire en faisant des économies», a-t-il ajouté.
La presse allemande a écrit dimanche que le gouvernement allemand et la Commission européenne avaient mené des discussions concernant la création d'une taxe exceptionnelle en marge de l'assemblée générale FMI-Banque mondiale.Le gouvernement allemand a démenti toute discussions de ce type.
«J'ai cru comprendre que tout cela avait été démenti, heureusement, parce que si on veut à chaque fois qu'il y a une difficulté la résoudre en mettant en place une taxe, on est sûr de rendre le problème incompréhensible pour les gens», a assuré M. Sapin.
Selon le journal Süddeutsche Zeitung, l'augmentation des ressources du budget européen grâce à un impôt spécial, qui pourrait prendre la forme d'une surtaxe sur les carburants ou sur la TVA, a été évoquée lors d'échanges informels entre Berlin et Bruxelles.
Ce système serait inspiré du modèle de soutien «Soli-Zuschlag» des Allemands de l'Ouest envers ceux de l'Est depuis la Réunification en 1990.L'Allemagne pourrait devoir accueillir jusqu'à 1,5 million de personnes en 2015, un chiffre bien supérieur à ceux avancés par les autorités, d'après le quotidien allemand Bild.