Crise des réfugiés : Ban Ki-moon préoccupé par la détérioration de la situation des réfugiés en Europe

Publié par DK News le 22-09-2015, 20h27 | 20

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon se dit «extrêmement préoccupé» par la détérioration de la situation des réfugiés et migrants arrivant en Europe.

Dans un communiqué de presse rendu public lundi par son porte-parole, M. Ban a rappelé que la plupart des réfugiés qui arrivent actuellement en Europe «fuient les persécutions, les conflits et les violations des droits de l'homme dans leurs pays d'origine».

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), plus de 442.000 réfugiés et migrants ont atteint les côtes européennes par la mer Méditerranée depuis janvier 2015, dont plus de 2.900 sont morts durant la traversée.

La Grèce est l'Italie sont les deux principaux pays d'arrivée de ces réfugiés venus pour la plupart de Syrie, d'Irak, d'Afghanistan et d'Erythrée.

Le secrétaire général a appelé tous les Etats européens à veiller à ce qu'ils respectent leurs obligations internationales envers les réfugiés, y compris le droit de demander l'asile et l'interdiction du refoulement.

«Toutes les personnes doivent être reçues avec dignité et leurs droits doivent être respectés», a-t-il insisté, pointant du doigt la fermeture récente des frontières par certains pays européens, mais aussi le manque de structures d'accueil adéquates et la détention des migrants et demandeurs d'asile en situation irrégulière. Pour sa part, le nouveau président de l'Assemblée générale des Nations unies, le Danois Mogens Lykktoft a appelé lundi tous les pays à contribuer à résoudre la crise mondiale des réfugiés, alors que la communauté internationale célébrait la Journée internationale de la paix. A l'occasion de sa première conférence de presse depuis sa prise de fonctions, mardi dernier, en tant que président de la 70e session de l'Assemblée générale, M. Lykktoft a appelé les Etats membres de l'ONU à être à la hauteur de leurs obligations internationales et à prendre des décisions courageuses pour répondre aux besoins des réfugiés dans le monde.

«Le monde n'a pas connu une crise humanitaire mondiale de cette ampleur depuis la Seconde Guerre mondiale et avec l'hiver qui approche dans l'hémisphère Nord, cela ne peut qu'empirer», a-t-il averti.


Le HCR appelle à faire preuve de solidarité

Le Haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, le Portugais Antonio Guterres, a appelé hier les Etats européens à apporter une «réponse solidaire» à la crise des réfugiés, à la veille d'un sommet extraordinaire de l'Union européenne consacré aux migrants.

«Il n'y a aucun moyen de résoudre une crise de cette dimension si chaque pays agit seul et en fonction de ses propres intérêts», a-t-il prévenu dans un entretien à la chaîne de télévision portugaise RTP.

«Plusieurs centaines de milliers de réfugiés sont arrivés en Europe depuis le début de l'année, mais l'Union européenne compte 500 millions d'habitants. S'il y avait une véritable politique solidaire, le problème serait facilement gérable». Les ministres de l'Intérieur européens se réunissaient hier à Bruxelles pour tenter de trouver un compromis sur la répartition de 120.000 réfugiés, avant un Sommet européen aujourd’hui des chefs d'Etat et de gouvernement. M. Guterres a préconisé la mise en place de structures d'accueil permettant d'«enregistrer et identifier» les migrants pour «distinguer les réfugiés de ceux qui ne le sont pas».

Ainsi, les réfugiés pourront être «relocalisés vers d'autres pays européens, et ceux qui n'ont pas le droit de rester en Europe pourront être renvoyés dans leurs pays d'origine, tout en respectant leur dignité».

Les 28 États membres de l'UE doivent se mettre d'accord sur la répartition des réfugiés proposée par la Commission européenne pour soulager l'Italie, la Grèce et la Hongrie, alors que plusieurs pays s'opposent à ce plan.

Une solution commune «exige un investissement, une mobilisation de ressources et une détermination politique jusqu'ici inexistante», a estimé le patron du HCR.