Le président chinois entame sa visite aux Etats-Unis par le thème de l'économie

Publié par DK News le 22-09-2015, 18h48 | 34

Le président chinois Xi Jinping entame mardi une visite aux Etats-Unis par Seattle où il va tenter de séduire le monde des affaires américain, un peu échaudé par le ralentissement de la deuxième économie mondiale.

L'objectif due Xi Jinping sur la côte ouest sera double. Il va chercher d'une part à dissiper les tensions avec Washington sur les îles disputées de mer de Chine méridionale, les attaques de pirates informatiques ou encore les accusations de pratiques commerciales déloyales contre des investisseurs américains en Chine.

D'autre part, ses rencontres et un discours à Seattle devant les dirigeants de plusieurs Etats de l'Ouest entretenant des relations étroites avec la Chine, doivent lui permettre de démontrer au peuple chinois que les Etats-Unis le considèrent comme un interlocuteur commercial des plus sérieux.

L'intervention de Xi Jinping mardi en fin de journée sera le seul véritable discours prononcé par le responsable chinois à l'occasion de sa première visite d'Etat aux Etats-Unis, qui doit ensuite le conduire à Washington.

Mercredi, le ton de la visite restera économique avec une table ronde entre chefs d'entreprises chinois et américains. Le but affiché par Pékin est de souligner le rôle central du commerce et des investissements dans les relations entre les deux pays, tout en dédramatisant les problèmes politiques.

«Ensemble, la Chine et les Etats-Unis représentent un tiers de l'économie mondiale, un quart de la population mondiale et un cinquième du commerce mondial», a commenté le président chinois dans une interview au Wall Street journal.

«Si deux grands pays comme les nôtres ne coopèrent pas, imaginez simplement ce qui peut se passer dans la monde», a-t-il insisté.

Toujours sur la côte ouest, le dirigeant chinois visitera les locaux de Boeing et Microsoft qui ont des intérêts énormes en Chine, ainsi qu'un lycée de Seattle où il s'était rendu il y a plusieurs années avant d'être président.

 

L'Ouest américain, un proche partenaire

En se rendant à Seattle, Xi Jinping marche dans les traces de trois de ses prédécesseurs, les présidents Deng Xiaoping, Jiang Zemin and Hu Jintao.

Gary Locke, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Chine et ancien gouverneur d'Etat de Washington où se trouve Seattle, a souligné les liens qui existent entre Pékin et sa région.

«Nous connaissons la valeur du commerce international, nous connaissons la valeur des exportations vers la Chine et des milliers d'emplois bien rémunérés qu'elles engendrent ici, dans notre Etat», a déclaré M. Locke à l'AFP.

La tâche du dirigeant chinois sera difficile pour convaincre un public américain sceptique, et se poser en interlocuteur auprès des nombreux prétendants à la présidentielle de 2016.

Les entreprises américaines s'inquiètent notamment d'un soutien accru de Pékin à ses entreprises lorsqu'elles sont en concurrence directe avec des investisseurs américains.

Et beaucoup craignent que les autorités chinoises n'aient du mal à la manoeuvre face au soudain ralentissement de son économie qui a semé le trouble sur les marchés financiers. Xi Jinping s'est voulu rassurant à ce sujet dans le Wall Street Journal, évoquant un ralentissement passager et assurant que «tous les acteurs du marché, y compris les entreprises à capitaux étrangers en Chine reçoivent un traitement juste et équitable».

La question des attaques de pirates informatiques visant des cibles américaines sera également au coeur de la visite.

Des sanctions économiques pourraient être imposées par les Etats-Unis à des personnes morales et physiques chinoises soupçonnées d'être liées à ces attaques.

Signe que Pékin prend le problème au sérieux, un des plus haut responsable de sécurité chinois, Meng Jianzhu, s'est rendu aux Etats-Unis au début du mois.

«Le gouvernement chinois n'est impliqué dans le vol d'aucun secrets commerciaux, et n'encourage pas les entreprises chinoises à agir de la sorte», a insisté Xi Jinping dans son interview au Wall Street Journal.

Enfin, la détention depuis six mois de Sandy Phan-Gillis, une femme d'affaires américaine accusée d'espionnage pourrait aussi compliquer la visite, selon ses soutiens.