Numérisation de l’école en France : Le poids des usages

Publié par Cherbal E-M le 17-09-2015, 22h13 | 50

Au moment où l’exécutif français met le paquet sur la numérisation des outils pédagogiques à l’école, un rapport de l’OCDE vient rappeler quelques vérités sur l’impact supposé des technologiques sur la capacité d’apprentissage des enfants.

Considérant l’outil numérique comme  une voie de progrès et d’amélioration des compétences cognitives de l’enfant, le gouvernement français s’est en effet lancé dans un plan de numérisation détaillé il y a quelque temps par la ministre de l’Education. 

« Annoncé en mai 2015 par François Hollande, le plan numérique à l’école entre, en cette rentrée de septembre, dans sa phase de préfiguration.

Six cents établissements pilotes ont été sélectionnés pour jeter les bases de ce projet éducatif doté d’un milliard d’euros sur trois ans, avec pour objectif de transformer la France en pays leader de « l’e-enseigne-    ment », nous apprend  le site du quotidien lemonde.fr qui fait le  parallèle, comme beaucoup d’autres médias français, entre cette politique volontariste et les conclusions de cette étude de l’OCDE, sortie le 15 septembre dernier, et dont la principale conclusion, selon lemonde.fr est: « Il ne suffit pas d’équiper massivement les élèves et enseignants d’outils numériques pour améliorer leurs performances. » Si, au plan quantitatif, l’étude relève une nette amélioration de la lutte contre la fracture numérique, au plan de l’impact, elle est un peu plus réservée, considérant que « l’incidence sur la performance des élèves est mitigée, dans le meilleur des cas», selon lemonde.fr qui ajoute que sur la période de 2000 à 2012, « parmi les pays où un investissement important dans le numérique a été réalisé, une baisse des résultats en compréhension de l’écrit, ainsi qu’en mathématiques et en sciences a été remarqué. »

De manière générale l’étude tend à disqualifier l’idée d’un impact positif mécanique de l’utilisation des nouvelles technologies dans les écoles.

« Etablir le numérique sur des pédagogies du siècle passé n’a porté ses fruits dans aucun des pays qui l’a tenté», fait remarquer un expert de l‘OCDE au journal Le Monde, axant ainsi l’intérêt sur l’amélioration de la qualité et de l’environnement de l’enseignement en expliquant que  « si la technologie peut permettre d’optimiser un enseignement d’excellente qualité, elle ne pourra jamais, aussi avancée soit-elle, pallier un enseignement de piètre qualité. »

Intervenant dans ce débat, un groupe d’enseignants français a publié une contribution sur un blog du  site d’information Médiapart, dans lequel il attire l’attention sur les dangers d’une approche par trop positiviste de l’introduction des TIC à l’école.

Se considérant ni technophobes ni technophiles, ils se disent néanmoins convaincus que « ce n’est pas le numérique qui donnera de l’appétence pour le savoir aux élèves. »

Ils ont en effet examiné le plan de numérisation du gouvernement dans lequel ils ont pointé les  «méfaits» de la généralisation de l’usage de la tablette  devant laquelle, considèrent-ils, « les élèves picorent du savoir, ils ne s’en imprègnent pas. »

Cherbal E-M