L'Arabie saoudite a appelé le chef de l'ONU Ban Ki-moon et les membres du Conseil de sécurité à adopter des mesures «urgentes» après trois jours d'attaques israéliennes contre la mosquée d'Al Aqsa, a rapporté mercredi soir l'agence officielle SPA.
Le roi Salmane «a fait état de sa vive condamnation de l'escalade dangereuse par Israël» contre la mosquée d'Al Aqsa, a indiqué SPA.
Le roi «a appelé à des efforts internationaux sérieux et rapides et à l'intervention du Conseil de sécurité pour prendre des mesures urgentes pour stopper ces violations», ajoute l'agence.
«L'attaque contre les fidèles» viole le caractère sacré du site «et contribue à favoriser l'extrémisme et la violence dans le monde», a insisté le roi.
Selon la SPA, il a également lancé le même appel au Premier ministre britannique David Cameron, au président russe Vladimir Poutine et à son homologue français Francois Hollande, dont les pays siègent au Conseil de sécurité avec la Chine et les Etats-Unis.
Les forces d'occupation israéliennes sont entrées dimanche dans la mosquée Al-Aqsa dans la vieille ville d'El Qods occupée en vue de la vider de ses fidèles à quelques heures de la célébration de la nouvelle année juive.
Mardi, les forces d'occupation ont poursuivi leurs incursions pour la troisième journée consécutive dans la mosquée Al-Aqsa provoquant d'énormes dégâts matériels. Dans la matinée, des policiers israéliens, appuyés par des responsables et colons, ont fait irruption depuis la porte Magharba dans la mosquée et tiré sur des fidèles avec des bombes lacrymogènes et des grenades assourdissantes.
La veille, au moins sept fidèles ont été arrêtés violemment par des éléments relevant des unités spéciales israéliennes, un autre a été blessé à l'oeil par une balle en caoutchouc.
Les forces d'occupation israéliennes ont expulsé, pour la première fois, la garde jordanienne positionnée sur l'esplanade des Mosquées et arrêté le directeur de la mosquée, lors de leur attaque contre ce troisième lieu saint de l'islam.
Cette nouvelle escalade a été condamnée par nombre de pays dont la Jordanie et l'Egypte et par le président Mahmoud Abbas, appelant «le monde arabe et musulman, ainsi que la communauté internationale à s'atteler immédiatement à faire pression sur Israël pour qu'il cesse ses tentatives perpétuelles de judaïser la mosquée Al-Aqsa».
Le Parlement arabe a également dénoncé une «politique terroriste» d'Israël contre la mosquée Al Aqsa.
La France exprime sa «vive préoccupation»
Le président français François Hollande a exprimé mercredi sa «vive préoccupation» après les attaques israéliennes contre la Mosquée Al Aqsa, lors d'un entretien téléphonique avec le roi Abdallah II de Jordanie, selon la présidence française.
Il «a fait part de sa vive préoccupation face à la multiplication des affrontements violents sur et autour de l'Esplanade des mosquées à El Qods occupée, et de la nécessité que tout soit mis en oeuvre pour apaiser la situation», selon le communiqué de l'Elysée. François Hollande a souligné que «toute remise en cause du statu quo de 1967 concernant l'Esplanade des Mosquées serait porteuse de grands risques de déstabilisation». L'Elysée a ajouté que le président français avait évoqué ces mêmes incidents mardi soir avec l'Emir du Qatar Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Marquant aussi «l'attachement de la France au plein respect des Lieux saints», M. Hollande a jugé que «ces événements illustrent à nouveau l'importance d'une reprise rapide des pourparlers entre la Palestine et Israel.
«C'est le sens du nouvel accompagnement international du processus de paix dont la France a proposé la mise en place, afin de favoriser la création d'un Etat palestinien indépendant, souverain et viable, vivant en paix et en sécurité aux côtés d'Israël», a-t-il relevé, toujours selon l'Elysée.
Un calme précaire est revenu mercredi sur le troisième Lieu saint de l'islam après trois jours d'affrontements.