Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont appelé mardi l'ONU à imposer de nouvelles sanctions contre le gouvernement du Soudan du Sud après son refus de signer un accord de paix visant à mettre fin à une guerre qui a fait des dizaines de milliers de morts.
Le nouvel échec des négociations est "scandaleux", a réagi l'envoyé américain à l'ONU pour les affaires politiques, David Pressman.
Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU doivent "agir pour mobiliser nos ressources collectives et faire monter la pression en conséquence sur ceux qui frustrent les efforts de paix", a-t-il ajouté.
L'accord de paix a été négocié par le groupe "Igad +" comprenant les huit pays de l'organisation intergouvernementale est-africaine (Igad) ainsi que notamment l'ONU, l'Union européenne, l'Union africaine, la Chine, le Royaume-Uni et les Etats-Unis, pour mettre fin à vingt mois de guerre civile.
Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a refusé lundi de le signer, demandant un délai supplémentaire de 15 jours.
Le chef de la rébellion, Riek Machar, a lui ratifié l'accord.
"Si le gouvernement ne signe pas l'accord Igad +, nous devrons tous nous montrer fermes au cours des prochaines étapes", a déclaré pour sa part mardi l'ambassadeur adjoint britannique à l'ONU, Peter Wilson.
"Nous ne pouvons pas rester impassibles", a-t-il poursuivi.
Le Conseil de sécurité de l'ONU a décrété en juillet des premières sanctions, - gels d'avoirs financiers, interdiction de voyager -, contre six chefs militaires sud-soudanais: trois du côté des forces gouvernementales et trois du côté des rebelles.
Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a lui salué mardi la signature de l'accord par le chef de la rébellion et exprimé son "profond espoir de voir le président Kiir signer l'accord d'ici" 15 jours.
Le Soudan du Sud, plus jeune Etat du monde, a proclamé son indépendance en juillet 2011 après 30 ans de conflit contre Khartoum.
Il a replongé dans la guerre en décembre 2013.
L'ONU exhorte le Soudan du Sud à signer l'accord de paix d'ici 15 jours
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a exhorté mardi le Soudan du Sud ratifier d'ici 15 jours le projet d'accord de paix proposé la veille à Addis Abeba par les médiateurs internationaux.
Bien que le dirigeant rebelle Rick Machar ait signé le texte au dernier jour de la date-limite fixée par l'Autorité intergouvernementale pour le développement (Igad), le président Salva Kiir l'a refusé, réclamant deux semaines de réflexion.
Dans un communiqué, M. Ban a remercié l'Igad "pour ses efforts incessants en vue d'aider les parties à conclure un accord", ajoutant que les Nations unies continueraient de tout faire pour qu'il soit finalisé.
Pour l'heure, les efforts conjugués de l'Igad, de l'ONU, de l'Union africaine, de la Chine et de la troïka composée des Etats-Unis, de la Grande-Bretagne et de la Norvège n'ont pas abouti.
Le Soudan du Sud, plus jeune Etat du monde, a proclamé son indépendance en juillet 2011 après 30 ans de conflit contre Khartoum.
Il a replongé dans la guerre en décembre 2013, quand des combats ont éclaté au sein de l'armée sud-soudanaise, minée par les dissensions politico-ethniques, sur fond de rivalité entre MM. Kiir et Machar, à la tête du régime.
Le conflit, marqué par des massacres et des atrocités contre les civils, a fait des dizaines de milliers de morts et chassé quelque 2,2 millions de personnes de chez elles.