Nucléaire iranien : l'AIEA pourrait conclure ses investigations à la fin de l'année

Publié par Dknews le 05-07-2015, 17h21 | 23

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukia Amano, a signalé samedi que son organisation pourrait conclure à la fin de l'année ses investigations sur la «possible dimension militaire» (PMD) du programme nucléaire de l'Iran, un des points clés du dossier.

M. Amano s'était rendu jeudi en visite à Téhéran, à l'invitation des autorités iraniennes, et s'est notamment entretenu avec le président Hassan Rohani.

La PMD est un des aspects les plus délicats des négociations. L'AIEA soupçonne Téhéran d'avoir mené des recherches au moins jusqu'en 2003 pour se doter de la bombe atomique, et cherche à avoir accès aux scientifiques impliqués, ainsi qu'aux documents et aux sites qui pourraient avoir abrité ces recherches.

Téhéran a toujours démenti avoir voulu ou vouloir se doter d'un arsenal militaire nucléaire, affirmant que les documents sur lesquels se base l'AIEA sont des faux.

«Des progrès ont été réalisés», a assuré M. Amano, dont l'agence onusienne serait appelée à jouer un rôle crucial de supervision d'un éventuel accord entre l'Iran et les grandes puissances.

«Si l'AIEA est satisfaite, alors cela devrait être acceptable pour le P5+1», le groupe des grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Chine, Russie, France et Allemagne), a déclaré à l'AFP l'analyste Kelsey Davenport, spécialiste du dossier.

Autre signe encourageant, un compromis semble s'esquisser sur le point extrêmement sensible des sanctions. Les Iraniens réclament une levée rapide et globale de ces sanctions, quand le P5+1 insiste sur un processus progressif et réversible au cas où Téhéran ne tiendrait pas ses engagements.

«Il y a une perspective d'accord sur les sanctions américaines, mais pas encore sur celles de l'ONU», a indiqué un diplomate occidental.

«Il y a toujours des différences d'approche, qui sont discutées», a déclaré de son côté un négociateur iranien.

Attendus pour trancher et faire les ultimes arbitrages, les chefs de la diplomatie devaient commencer à revenir dimanche dans la capitale autrichienne, pour retrouver l'Américain John Kerry et l'Iranien Mohammad Javad Zarif.

Le Français Laurent Fabius, l'Allemand Franck-Walter Steinmeier, sont attendus à Vienne dans la journée. Le Britannique Philip Hammond, le Chinois Wang Yi, le Russe Sergueï Lavrov et la chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini n'ont pas encore confirmé la date de leur arrivée.

L'accord est censé être conclu - ou pas... - d'ici mardi prochain. En vertu d'une nouvelle loi, si le Congrès américain reçoit le texte de l'accord d'ici au 9 juillet, il aura 30 jours pour se prononcer, mais si cette date est dépassée, la période d'examen passera à 60 jours.

Ce qui retardera d'autant la mise en application de l'accord et pourra créer des complications supplémentaires.

Les négociations doivent permettre d'aboutir à un accord visant à s'assurer que le programme iranien ne puisse avoir de dimension militaire, en échange d'une levée des sanctions internationales qui frappent l'Iran.