Au moins 20 civils ont été tués samedi dans le nord-ouest de la Syrie dans des raids aériens du régime qui ont fait ce même jour des dizaines de morts dans la province septentrionale d'Alep, rapportait hier une ONG.
«Les avions du régime commettent un nouveau massacre, cette fois-ci à Jabal al-Zawiya», une région montagneuse de la province d'Idleb qui est presque totalement aux mains des rebelles et de la branche d'Al-Qaïda, indique l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Au moins 19 civils ont été tués dans les raids sur le village de Balyoune tandis qu'une femme a péri dans des frappes sur un autre village. «Beaucoup de blessés se trouvent dans un état critique», précise l'ONG.
Ces raids meurtriers ont été lancés le jour même où 70 civils, dont des enfants, ont été tués par des barils d'explosifs sur la province d'Alep, un des bilans les plus lourds dans cette région ravagée par la guerre. Les raids y ont ciblé un marché populaire à une heure de grande affluence dans la ville d'Al-Bab, tenue par le groupe de l'organisation autoproclamée «Etat islamique»(Daech/EI), ainsi qu'un quartier rebelle de l'est de la ville d'Alep, selon l'OSDH.
Les forces du régime ont commencé en 2013 à larguer à Alep ces bombes remplies de puissants explosifs et de ferraille. La ville est divisée depuis 2012 entre l'est aux mains des insurgés et l'ouest contrôlé par le régime. Mais dans la province éponyme le régime ne contrôle plus que quelques secteurs, le reste étant aux mains des rebelles et de l'EI.
le médiateur de l'ONU condamne les nouveaux raids à Alep
Le médiateur de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a condamné les nouveaux raids sanglants lancés par les forces gouvernementales syriennes sur la province d'Alep (nord) sous contrôle des rebelles syriens.
«Le bombardement aérien par des hélicoptères syriens d'un marché civil dans le quartier d'Al-Chaar à Alep mérite la plus forte condamnation internationale», a dit M. de Mistura dans une déclaration écrite.
«Il est totalement (...) inacceptable que les forces aériennes syriennes attaquent leur propre territoire de façon indiscriminée, tuant ses propres citoyens», a-t-il ajouté.
«Le largage de barils d'explosifs doit cesser», s'est-il insurgé. Le médiateur de l'ONU pour la Syrie a lancé le 5 mai à Genève une série de discussions de longue haleine qu'il mène à huis clos et séparément avec les protagonistes du conflit et des acteurs internationaux, dont l'Iran, dans une tentative de relancer les négociations dans l'impasse. «Fin juin, (...) nous évaluerons la situation et déciderons de la prochaine étape», avait indiqué aux médias M. de Mistura au premier jour des discussions.