L'armée péruvienne a déployé un millier de soldats lundi dans la province de Islay, dans le sud du pays, pour aider la police face aux manifestations contre le projet minier Tia Maria, qui ont déjà fait trois victimes, ont indiqué les autorités.
Le gouvernement avait annoncé samedi ce déploiement de l'armée, qui s'ajoute aux 3.000 policiers déjà sur place, le ministre de la Justice Gustavo Adrianzen disant espérer 3que cette étape (soit) suffisamment persuasive3 pour mettre fin aux protestations.
Les militaires resteront présents dans cette province, située à 1.000 kilomètres au sud de Lima, jusqu'au 7 juin.
Selon le ministère de l'Intérieur, interrogé par l'AFP, 1.000 soldats collaborent désormais avec la police dans la province de Islay, ce qui pourrait permettre de rouvrir les écoles, fermées depuis le début du conflit le 23 mars. D'ores et déjà les routes coupées par les manifestants ont été rouvertes.
3Toutes les voies ont été dégagées, et dans les endroits où il y avait des barricades, nous les retirerons3, a déclaré le colonel Amador Bacaya Guadalupe, chef de la police dans cette zone, à la radio RPP.
Les autorités péruviennes n'écartent pas la possibilité de déclarer l'état d'urgence dans la province, afin d'en donner le contrôle total aux militaires, ce qui suspendrait temporairement le droit de manifester.
Depuis plusieurs mois, les conflits sociaux autour de projets miniers et pétroliers s'intensifient au Pérou, provoquant l'inquiétude de la classe politique et des secteurs industriels, qui craignent pour les investissements dans ce secteur-clé de l'économie du pays.
Dans le cas de Tia Maria, un projet d'1,4 milliard de dollars mené par la compagnie minière Southern Peru, filiale de la mexicaine Southern Copper, les habitants s'y opposent depuis 2009, car ils estiment qu'il nuirait à l'agriculture locale et à l'environnement. Les manifestations de ces dernières semaines ont fait trois morts (deux manifestants et un policier).