Le volume des prêts entre particuliers octroyés via les plateformes électroniques augmente de 84% par trimestre depuis 2007 aux Etats-Unis, selon le cabinet PriceWaterhouseCoopers.En 2014, les plateformes de prêts ont distribué 5,5 milliards de dollars de prêts et pourraient en octroyer pour 150 milliards de dollars d'ici 2025, estime PWC.
Ces espaces, qui ne sont que des intermédiaires qui se rémunèrent en prenant un pourcentage de 0,5% à 5% en moyenne des sommes en jeu, se sont développés rapidement en raison d'offre de taux d'intérêt inférieurs à ceux pratiqués sur le marché, des démarches plus rapides pour les emprunteurs, une durée courte et des taux de rendement attractifs (7%) pour les investisseurs au moment où les produits financiers classiques rapportent peu.
Le taux d'intérêt est établi en fonction du niveau de risque de l'emprunteur et varie entre 6 et 12%. L'étude de solvabilité se veut aussi rigoureuse que dans la banque traditionnelle mais plus rapide.
Crédits à la consommation, prêts immobiliers, financements de projets de PME ou de crédits, prêts étudiants: les plateformes électroniques facilitent le financement de crédits, profitant de la frilosité des banques après la crise des prêts immobiliers «subprime» de 2008 et d'un durcissement de la règlementation qui les oblige à maintenir des niveaux de fonds propres importants.
En ce qui les concerne, le risque de pertes en capital est limité, estiment les investisseurs. Selon le site Lend Academy, le taux de défaut sur ces prêts non garantis est en moyenne de 3 à 4%. Certaines plateformes comme LendingClub et Prosper vont jusqu'à fractionner les prêts entre plusieurs investisseurs pour mutualiser les risques.
Pour les analystes, ces plateformes sont en train de transformer le secteur bancaire. Outre leur modèle économique, leur structure légère (pas de succursales, pas d'agence donc de faibles coûts de fonctionnement) leur donne un avantage concurrentiel important. Elles vont forcer les banques à «changer», avance Goldman Sachs. «Les banques ont gagné environ 150 milliards de dollars en 2014, nous estimons que 11 milliards ou plus de ces bénéfices, pourraient être récupérés par ces nouvelles sources de crédit dans les cinq prochaines années», selon la même source.
L'expert Richard Bove affirme, lui, que «le gouvernement fédéral a grande envie de voir ce secteur réussir et voler des parts de marché aux grandes banques qu'il veut contraindre à réduire en taille».
Si elles ne sont pas soumises à un contrôle strict, les plateformes de prêts doivent cependant s'enregistrer auprès du gendarme de la Bourse, la SEC, et des Etats dans lesquels elles opèrent.