Importance de la biodiversité floristique du PNG

Publié par Farid Belbachir le 16-01-2015, 16h29 | 339

Les taxa végétaux rares et endémiques du PNG contribuent à la haute valeur patrimoniale de ce dernier et ont été déterminants pour la reconnaissance de cette aire protégée comme étant une zone-clé de biodiversité végétale à une échelle mondiale.

- Sur  la  base  de  la  combinaison  de  critères  relatifs  à  la  richesse  floristique,  la  rareté  et l’endémisme végétal, le PNG compte parmi les zones clés de biodiversité végétale (Important Plant Areas) dans le monde.

- En 2007, les résultats d’une analyse de la diversité de la flore rare et endémique du Nord de l’Algérie, dont l’étude a été publiée dans la revue internationale Comptes Rendus Biologies, ont mis en évidence un Point Chaud Régional de Biodiversité Végétale (Plant Biodiversity Hotspot) dans le Bassin Méditerranéen jusqu’alors méconnu des scientifiques, à savoir le point chaud constitué par l’ensemble « Kabylies-Numidie-Kroumirie », incluant le Massif de Gouraya, formé par une mosaïque de forêts et autres écosystèmes montagneux et littoraux actuellement fortement menacés par les activités anthropiques [Référence: Véla, E. & Benhouhou, S. 2007. Evaluation d’un nouveau point chaud de biodiversité végétale dans le Bassin méditerranéen (Afrique du Nord). Comptes Rendus Biologies 330 (2007) : 589-605].

- Selon une étude publiée en 2012 dans la revue internationale Journal of Threatened Taxa, le PNG abrite 16 taxa végétaux rares à l’échelle nationale et 9 taxa endémiques (dont 2 ont une distribution géographique restreinte [moins de 5000 km2] et 7 ont une distribution géographique limitée à l’échelle du site *moins de 100 km2]). [Référence: Yahi, N., Véla, E., Benhouhou, S., De Bélair, S. & Gharzouli, R. 2012. Identifying Important Plant Areas (Key Biodiversity Areas for Plants) in northern Algeria. Journal of Threatened Taxa 4 (8): 2753-2765].

- Parmi les taxa végétaux rares et endémiques du PNG qui contribuent à la haute valeur patrimoniale de ce dernier et qui ont été déterminants pour la reconnaissance de cette aire protégée comme une  zone clé de biodiversité végétale à une échelle mondiale, on citera une espèce d’Ombellifère

Le Buplèvre à feuille de plantain Bupleurum plantagineum  endémique du Massif de Gouraya et d’Adrar Oufarnou, une espèce de Composée Hypochaeris saldensis endémique localisée actuellement au Cap Carbon, autrefois présente au Cap Aokas mais qui en a disparu, une espèce de Caryophyllacée Silene sessionis, endémique restreinte au Cap Bouak et au Cap Noir, une sous-espèce de Giroflée Erysimum cheiri subsp. inexpectans présente dans les falaises nord du PNG, nouvellement reconnue endémique du PNG, et une sous-espèce de Genêt Genista triacanthos subsp.

vepres endémique des Kabylies ; ainsi que deux autres taxa qui mériteraient d’être mieux étudiées car candidates respectivement à un endémisme Nord-Africain et de la région de Béjaïa ; il s’agit respectivement d’une autre espèce de Genêt Genista salditana et d’une variété de Lys Pancratium foetidum var. saldensis [Référence pour le nouveau taxon de Giroflée endémique du PNG : Ouarmim, S, Dubset, C & Véla, E. 2013. Morphological and ecological evidence for a new infraspecific taxon of the wallflower Erysimum cheiri (Brassicaceae) as an indigenous endemism of the southwestern Mediterranean. Turkish Journal of Botany 37: 1061-1069].

- Un certain nombre des taxa cités ci-dessus sont actuellement menacés d’extinction en raison de leur grande rareté et de l’endémisme très restreint qui les caractérisent. Toutefois, ces taxa ne figurent pas sur la Liste Rouge actuelle de l’Union Internationale pour la Conservation de la nature (UICN) car elles n’ont pas fait l’objet d’évaluation de leur statut de menace et de conservation, c’est notamment le cas de Bupleurum plantagineum, Silene sessionis, Hypochaeris saldensis et Erysimum cheiri subsp. inexpectans.

- Afin de pallier à cette carence, une étude actuellement menée à l’Université de Béjaïa par les le binôme d’étudiants Saadi Nabil et Lylia Benali dans le cadre d’une recherche de Master s’attèlera à cartographier la distribution géographique de Bupleurum plantagineum dans la zone Est du PNG et d’y estimer, dans la mesure du possible, la taille de la sous-population d’individus  mâtures. 

Cette  recherche,  dirigée  par  Farid  Belbachir  du  Département  des Sciences Biologiques de l’Environnement, avec la collaboration importante de Seddik Bachir et Mourad Hassissène, spécialistes de la cartographie, du Département du Tronc Commun de l’Université, est réalisée dans le cadre d’une collaboration de recherche entre l’Université de Béjaïa et le Parc National de Gouraya.

Les aspects méthodologiques de cette étude, incluant la cartographie et la procédure de travail sur le terrain, ont été développés en étroite collaboration avec le Dr Errol Véla de l’Université de Montpellier 2 (France) et le Dr Zoubir Boubaker de l’Institut National Agronomique. Enfin, cette étude a été rendue possible grâce à la contribution matérielle du Club de plongée sous-marine Atlantide, le Club de Spéléologie et  Sport  de  Montagne  de  Béjaïa  et  de  Mourad  Ahmim  qui  ont  fourni  aux  étudiants l’équipement de terrain nécessaire à la réalisation de la recherche.