Le film "Omar", grande production du réalisateur palestinien Hany Abu Assaad, une aventure humaine faite d’amour et d’amitié gardant la lutte du peuple contre l’occupation en trame, a reçu un excellant accueil du public tunisois lors de ses projections.
Présenté en compétition officielle des 25e Journées cinématographiques de Carthage (Jcc) qui se tiennent à Tunis depuis samedi, cette £uvre de 98mn a réussi à attirer un grand nombre de spectateur et à faire parler d’elle dans les rues de la capitale tunisienne.
Un groupe de trois amis d’enfance persécutés et constamment humiliés par les forces d’occupation montent une opération pour tuer un soldat israélien suite à laquelle l’un d’entre eux, Omar, se fait arrêter et torturer puis arrive à convaincre ses tortionnaires qu’il se mettra à leur service une fois en liberté.
Une fois dehors Omar avoue son amour pour Nadia, la s£ur du chef de la petite bande de fugitifs qu’il souhaite épouser et essaie de brouiller les pistes des services secrets israéliens, s’en suivi des séquences de poursuites digne d’un grand film d’action à travers les quartiers palestiniens.
Omar se fait écrouer une seconde fois et les services menacent de s’en prendre à sa fiancée s’il ne leur offrait pas la tête de son ami et futur beau frère avant de le remettre en liberté et de lui bâtir une réputation d’espion auprès des siens qui lui vaut la méfiance de tous, même de sa fiancé.
L’évolution des événements met en avant le flou et les divisions, jetées par les forces de l’occupation, qui gangrènent les rangs de la résistance palestinienne en plus du déchirement que cela peut engendrer entre les membres d’une même famille. Sans mettre en avant la dénonciation de l’occupation ni glorifier la résistance, Hany Abu Assaad apporte un regard décalé et humain sur la situation en Palestine, qu’il garde en trame de fond, en consacrant la plus grande partie de son film à l’aventure humaine où l’amour côtoie la haine, la méfiance et la douleur.
Sorti en 2013 "Omar" a été nominé aux Oscars et a reçu le Prix du jury de la section "un certain regard" du Festival de Cannes de la même année. En 2006 le même réalisateur avait été nominé aux oscars pour "Paradise now". Inaugurées samedi, les 25e Jcc se poursuivent jusqu’au 6 décembre à Tunis et dans six autres villes tunisienne.
"El Wahrani" de Lyes Salem, "Loubia hamra" de Narmine Mari, "Passage à niveau" de Anis Djaad, "Les jours d’avant" de Karim Moussaoui, "El oued, el oued" de Abdennour Zahzah et "Chantier A" coréalisé par Tarek Sami, Karim Loualiche et Lucie Dèche représentent le cinéma algérien en compétition officielle des Jcc.