Imposer des sanctions aux belligérants au Soudan du Sud ne ferait que compliquer la recherche d'une solution, a affirmé mardi devant le Conseil de sécurité de l'ONU l'ambassadeur sud-soudanais Francis Mading Deng.
Ces sanctions viseraient spécifiquement le président sud-soudanais Salva Kiir et son rival, l'ancien vice-président Riek Machar qui s'affrontent depuis près d'un an. "La frustration de la communauté internationale face au rythme des pourparlers (de paix) d'Addis Abeba est compréhensible", a estimé l'ambassadeur sud-soudanais. "Mais une solution durable à la crise actuelle ne peut pas être obtenue par l'imposition de sanctions", a-t-il affirmé.
"Il est bien connu, a-t-il ajouté, que les sanctions n'atteignent que rarement leur objectif et ne font que contribuer à durcir les positions, dans le sens d'une confrontation et non d'une coopération". Il a aussi affirmé que "la lenteur des pourparlers (d'Addis) est en partie au moins attribuable aux fréquents ajournements de ces pourparlers par l'IGAD", l'Autorité intergouvernementale pour le développement, l'organisation est-africaine qui mène une médiation dans ce conflit.
L'ambassadeur sud-soudanais s'exprimait lors d'un débat au Conseil après l'adoption d'une résolution prolongeant jusqu'au 30 mai 2015 le mandat de la Mission de l'ONU au Soudan du Sud (Minuss). Le Soudan du Sud est en proie à la guerre civile depuis décembre 2013, lorsque des combats ont éclaté au sein de l'armée sud-soudanaise, entre le troupes fidèles au président Salva Kiir et celles de son ancien vice-président et rival Riek Machar. Le conflit s'est ensuite transformé en affrontement ethnique, essentiellement entre Dinka et Nuer.