La secrétaire générale adjointe des Nations unies aux affaires humanitaires, Valerie Amos, a déploré mardi l'insuffisance de l'aide humanitaire acheminée aux populations en Syrie, secouée par un conflit meurtrier depuis mars 2011.
«C'est un conflit qui affecte tous les Syriens», a rappelé Mme Amos à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité sur la situation en Syrie, soulignant que, «l'économie de la Syrie s'est contractée de 40% depuis 2011 et le taux de chômage dépasse maintenant les 54%. En outre, trois quarts de population vit dans la pauvreté et la présence des élèves à l'école a chuté de plus de 50%».
Mme Amos a expliqué devant les membres du Conseil que «la résolution 2165 du Conseil de sécurité (adoptée en juillet 2014) a aidé les Nations unies à surmonter certains problèmes en permettant de faire des livraisons directes à des centaines de milliers de personnes».
«Depuis l'adoption de la résolution et surtout grâce aux livraisons transfrontalières, nous avons pu atteindre presque tous les endroits difficiles d'accès dans les quatre gouvernorats d'Alep, d'Idlib, de Dar'a et de Quneitra», a-t-elle ajouté.
Elle a indiqué que «12,2 millions de personnes ont besoin d'assistance humanitaire en Syrie, dont plus de 5 millions d'enfants», ajoutant que « 7,6 millions de personnes déplacées à l'intérieur de la Syrie et plus de 3,2 millions de personnes ont fui le pays». «Il s'agit du plus grand nombre de personnes déplacées à cause d'un conflit dans le monde», a-t-elle regretté.
«C'est pourquoi j'espère que ce Conseil renouvellera les dispositions de la résolution 2165. Elles permettent de faire la différence», selon Mme Amos qui a toutefois estimé que «malgré les progrès réalisés, cela ne suffit pas encore».
«Nous sommes confrontés à des problèmes considérables pour appliquer les résolutions 2139 (adoptée en février 2014) et 2165 et nous n'arrivons pas à répondre aux besoins humanitaires de toutes les personnes que nous voulons atteindre en Syrie», a-t-elle dit.
Le conflit en Syrie, qui a commencé en mars 2011, a déjà fait plus de 150.000 morts et entraîné le déplacement de 680.000 personnes, selon l'ONU. Il a également provoqué une crise de réfugiés où quelque 2,5 millions de personnes sont accueillies dans les pays voisins, notamment au Liban, en Jordanie et en Turquie.