Hollande au Canada : Face au terrorisme "il n'y a pas de place pour le renoncement"

Publié par DK News le 04-11-2014, 17h03 | 24

Le président français François Hollande a estimé lundi devant le Parlement canadien, théâtre d'une fusillade il y a moins de deux semaines, que "face au terrorisme il n'y a pas de place pour le renoncement".

Le terrorisme ne justifiait aucune "concession", aucune "faiblesse", a déclaré M. Hollande devant les députés et sénateurs canadiens, réunis en session extraodinaire au Parlement d'Ottawa, à l'endroit même où une attaque attribuée au terrorisme avait causé la mort d'un militaire canadien le 22 octobre dernier.

"Le terrorisme menace les valeurs pour lesquelles nos nations se sont bâties", a ajouté M. Hollande. C'est pourquoi, "la France et le Canada agissent ensemble pour prendre leurs responsabilités", a indiqué M. Hollande en faisant référence à l'engagement des deux pays au sein de la coalition internationale conduite par les Etats-Unis contre l'organisation autoproclamée "Etat islamique (Daech) en Irak.

"Nos institutions démocratiques les plus sacrées ne sont pas à l'abri de la folie meurtrière inspirée par des mouvements terroristes", a déclaré le Premier ministre canadien Stephen Harper en rappel aux "événements dramatiques qui se sont déroulés" au Parlement fin octobre.

Le Premier ministre canadien a indiqué avoir eu l'occasion de réaffirmer, avec le président français, la "volonté" des deux pays de poursuivre la "stratégie d'éradiquer le fléau terroriste, en particulier sur le territoire irakien où nos forces aériennes respectives sont engagées".

Dimanche, le Canada avait effectué ses premières frappes en Irak contre des positions du groupe "Etat islamique". La France a déjà mené plusieurs opérations sur les mêmes cibles depuis le 19 septembre. Par ailleurs, au sujet des élections dans les territoires séparatistes dans l'est de l'Ukraine, M. Hollande a appelé son homologue russe Vladimir Poutine à "ne pas reconnaître" les élections, estimant qu'elles "pourraient mettre en cause l'intégrité territoriale" de ce pays.

"J'appelle moi-même le président Poutine à rester dans (le) cadre" des accords de Minsk qui avaient ouvert la voie à un cessez-le-feu le 5 septembre, a déclaré le président français. Les "républiques" autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, dans l'Est ukrainien, ont élu dimanche leurs "présidents" et leurs "parlements" pour, d'après les organisateurs de ces scrutins, légitimer les autorités séparatistes.

"Il y a un protocole qu'on appelle l'accord de Minsk qui a été signé le 5 septembre de cette année. C'est ce protocole, tout ce protocole qui doit s'appliquer", a souligné M. Hollande. Les sanctions visant les intérêts russes sont "essentielles (...) mais elles ne peuvent pas être la seule réponse", a-t-il noté, ajoutant que "l'objectif, c'est de convaincre Moscou et les séparatistes de renoncer à l'escalade et de revenir au dialogue".

Le président français qui effectuait une visite officielle au Canada jusqu'à mardi, a tenté dimanche de persuader le gouvernement canadien de rallier sa croisade pour l'environnement. Un grand écart quant au même moment il invitait le Canada à faire plus pour  l'environnement le jour où le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur  l'évolution du climat) émettait de sérieux doutes sur la capacité de la planète à limiter à moins de 2 degrés la hausse générale des températures et donc à respecter les engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

"Nous agirons ensemble pour la conférence sur le climat qui aura lie à Paris à la fin de l'année 2015", avait lancé M. Hollande à Stephen Harper, qui a décidé fin 2011 de retirer le Canada du protocole de Kyoto.