La ministre française de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Geneviève Fioraso, se rendra les 20 et 21 janvier à Alger pour co-présider avec son homologue algérien, la 3e Conférence algéro-française de l’enseignement supérieur qu’elle dit entrevoir sous le signe du renforcement du partenariat «d’égal à égal» avec les universités algériennes.
Tout en inscrivant sa prochaine visite dans la continuité de la première réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau, tenue à Alger le 16 décembre dernier, Mme Fioraso a affirmé, dans un entretien accordé à l'APS, qu’elle appréhende ce déplacement avec la volonté de renforcer le partenariat «d’égal à égal» entre les deux pays, dans des secteurs stratégiques comme la formation et la recherche.
Elle a également qualifié la première réunion du Comité intergouvernemental de haut niveau de moment «important» de la relation bilatérale, et de la poursuite sur la «dynamique» enclenchée depuis la visite d'Etat en Algérie du président français François Hollande, Elle a indiqué, en outre, que l’organisation de la 3e Conférence algéro-française de l’enseignement supérieur «sera l’occasion de renforcer la dynamique de notre coopération dans ces domaines qui fondent notre avenir».
Tout en affirmant que les objectifs des deux pays dans le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche sont «convergents», Mme Fioraso a souligné que le budget de coopération que consacre la France en Algérie est «l’un des tout premiers du monde à l’échelle du réseau diplomatique français».
«Notre pays est de loin le premier partenaire de l’Algérie en termes de publications et de partenariats scientifiques. Les autorités algériennes, de leur côté, ont lancé une réforme de modernisation de l’enseignement supérieur qui facilitera encore les échanges et les mobilités entre la France et l’Algérie», a-t-elle expliqué.
A la question de savoir la «valeur ajoutée» de la France lors de la prochaine conférence qui traitera essentiellement de l’entrepreneuriat et du problème de l’employabilité, Mme Fioraso a indiqué que ce thème est une préoccupation essentielle pour l’Algérie, comme pour la France, signalant que ce dernier correspond «pleinement» aux priorités de la coopération bilatérale en matière d’enseignement supérieur.
«Il (le thème) était déjà au cœur de la deuxième conférence algéro-française de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui a eu lieu en 2011 à Marseille. Les deux fonds de solidarité prioritaire, dont l’un a été clôturé en 2013 et l’autre entre actuellement dans sa vitesse de croisière, y sont consacrés», a-t-elle rappelé, à cet effet.
Tout en prenant acte de la volonté de l’Algérie d’adapter l’enseignement supérieur et la recherche aux besoins économiques, la ministre française a fait valoir que la mise en place des premiers Instituts d’Enseignement Supérieur Technologique (IEST) va permettre de répondre aux besoins de formation des cadres intermédiaires. «Ces IEST, au nombre de quatre, sont le fruit d’une collaboration étroite avec l’Assemblée française des Directeurs d’IUT, et accueilleront des étudiants algériens, la rentrée prochaine», a-t-elle annoncé, signalant la présence à la Conférence d’Alger de plusieurs présidents d’universités, d’écoles supérieures et de dizaines d’universitaires français -- près d’une centaine-- ainsi que des représentants d’entreprises.
Ceux-ci auront, selon elle, de nombreux éléments à faire valoir pour renforcer les liens entre le monde universitaire, de la recherche et le marché de l’emploi, ce qui est considéré comme une priorité dans les deux pays.A la faveur de la conférence algéro-française de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique qui planchera aussi sur la façon d’organiser les collaborations entre les universités et organismes de recherche algériens et français, cinq conventions seront signées entre les deux pays. Celles-ci concerneront notamment les domaines de la formation, de la recherche et sa valorisation.
Mme Fioraso a fait, à cet effet, part de la mise en place d’un réseau mixte d’écoles supérieures françaises et algériennes, en particulier autour des filières techniques, informatique, travaux publics et sciences du vivant.
Cette convention, a-t-elle dit, a pour objectif de développer les passerelles entre l’enseignement supérieur, la recherche publique et les entreprises, pour adapter les formations aux besoins des entreprises, améliorer l’insertion professionnelle des jeunes et développer de nouvelles filières d’avenir, créatrices d’emplois par l’innovation dans des secteurs aussi divers que l’énergie, la santé, l’alimentation et autres.