Vingt-deux personnes, dont 8 enfants, ont été tuées dans la nuit de vendredi à samedi dans la région de Beni, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), quarante-huit heures après un massacre similaire perpétré par des rebelles ougandais, a-t-on indiqué de source officielle congolaise.
"Vingt-deux personnes ont été tuées cette nuit à Eringeti, dont 10 femmes et 8 enfants", a déclaré Amisi Kalonda, administrateur du territoire de Beni, dans la province du Nord-Kivu, cité par l'AFP.
Eringeti est située à une cinquantaine de kilomètres au nord de Beni où 30 personnes ont été tuées dans la nuit de mercredi à jeudi par l'Alliance des forces démocratiques (ADF), groupe rebelle ougandais, installé entre Beni et la frontière ougandaise. Ce groupe est néanmoins la seule milice connue en activité dans la région aujourd'hui.
Selon la Société civile du Nord-Kivu, ONG basée à Beni, la tuerie a eu lieu entre 19h et 21h30.
"Les personnes tuées l'ont été principalement par coups de machettes, de haches et de houes", écrit l'organisation dans un communiqué, parlant également d'enfants dont les têtes auraient été "cognées contre murs".
En deux semaines, "au moins 79 personnes ont été sauvagement exécutées par les ADF" ajoute le texte, exhortant les Casques bleus de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) à "s'engager militairement au côté de l'armée et non pas limiter leur appui au seul appui logistique afin d'en découdre définitivement avec ces terroristes".
...l'ONU inquiète du rappel éventuel de son responsable droit de l'homme
L'ONU a jugé vendredi "extrêmement inquiétantes" les informations sur le rappel de son responsable pour les droits de l'homme en République démocratique du Congo (RDC), tout en précisant n'avoir eu pour l'instant aucune confirmation officielle de cette décision.
"Ces informations ne nous ont pas été confirmées et nous espérons qu'elles ne le seront pas", a commenté le porte-parole de l'ONU Stéphane Dujarric. "Il s'agirait d'un développement extrêmement inquiétant et que nous rejetterions", a-t-il ajouté.
Le ministre de l'Intérieur de RDC, Richard Muyej, a déclaré jeudi à Kinshasa que "le moment est sans doute venu de nous séparer" de Scott Campbell et de demander son rappel "pour manque de professionnalisme et d'honnêteté".
Cette déclaration fait suite à la publication d'un rapport des services de M. Campbell dénonçant des crimes commis par des policiers congolais. "Il est important que la composante droits de l'homme de la Mission de l'ONU (en RDC, Monusco) puisse faire son travail", a estimé M. Dujarric. La Monusco "entend continuer à travailler avec le gouvernement (congolais) pour défendre la primauté du droit et combattre l'impunité".
Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l'homme (BCNUDH) a publié mercredi un "rapport sur les violations des droits de l'homme commises par des agents de la police nationale congolaise" lors d'une opération antibanditisme à Kinshasa. Ce document dénonce la mort ou la disparition de plusieurs dizaines de civils pendant cette opération.