Stabilité, paix et sécurité dans le Sahel: L’Algérie, un rôle-clé

Publié par Walid B. le 23-08-2014, 18h27 | 50

Si la communauté internationale reconnaît aujourd’hui le rôle-clef, primordial et incontournable de l'Algérie dans la stabilité de la région du Sahel, ce n’est nullement le fait du hasard ou un constat de complaisance, mais il s’agit bel et bien d’une reconnaissance en bonne et due forme, suite aux efforts consentis par notre pays en matière de rétablissement de paix et de sécurité dans ce vaste espace saharien gagné par une intense activité terroriste.

La politique de l'Algérie dans ce sens comporte une dimension régionale d'une extrême importance et ce, à travers un partenariat solide et multiforme avec les pays de la région du Sahel qui connaissent, depuis ces dernières années, des développements et des défis dangereux de par l'expansion des activités des groupes terroristes dont, en particulier, l'organisation d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

La situation d'insécurité dans certains pays de la région et la recrudescence des activités terroristes étaient également liées aux activités de contrebande d'armes et de trafic de drogue.A ce propos, l'Algérie s’était particulièrement mobilisée avec les pays voisins pour renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme dans la région par la mise en place de mécanismes multiples qui recommandent la nécessité de traiter la situation sécuritaire et les défis politiques dans le cadre du respect des souverainetés des Etats et de leur unité nationale tout en s'ouvrant à la coopération dans le développement économique et dans le domaine humanitaire.

Toutefois, la lutte contre le terrorisme ne pourrait être couronnée d'un succès durable si elle n'est pas traitée à partir de sa source idéologique et par la lutte contre les discours extrémistes qui influent sur les personnes vulnérables.C'est dans ce sens que l'Algérie a œuvré dans l'élaboration de programmes d'enseignement religieux et d'éducation qui promeuvent les principes fondamentaux de tolérance, de paix et des droits de l'homme.

Le processus de réformes politiques engagées par l’Algérie pour consolider la démocratie, l'Etat de droit et la protection des libertés publiques, s’inscrit dans cette dynamique visant à mettre fin à toutes les disparités sociales et les inégalités régionales.Récemment, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a adressé un message lourd de sens dans lequel il a affirmé que l'Algérie poursuivra ses démarches pour arrêter l'hégémonie, l'effusion de sang et le démantèlement des régimes, estimant que la stabilité du pays était tributaire de celle du voisinage.

Ces propos qui viennent à point nommé, montrent tout l’intérêt accordé par l’Algérie à la stabilité du giron dans lequel évolue notre pays.Pour le chef de l’Etat, l'Algérie a réussi, grâce à la volonté et la détermination de son peuple, à rétablir la paix et la sérénité et déployé des efforts soutenus en faveur d'une refonte des institutions constitutionnelles et des réalisations économiques et sociales à même de répondre aux besoins et aspirations des citoyens notamment les jeunes.

Il a rappelé l'importance de la stabilité dont jouit l'Algérie aujourd'hui sur fond d'agitation régionale et géostratégique qui a malheureusement affaibli de nombreux pays, en raison notamment d'un manque d'attachement aux valeurs d'unité, de souveraineté et de sécurité et une mauvaise appréciation des embûches posées par les semeurs de discorde pour diviser les sociétés en vue de les dominer.

Il a, dans ce sens, souligné que l'Islam dont certains laboratoires et malveillants veulent en faire une religion de violence, de discorde et de fanatisme, constitue, en vérité, "le ciment de l'édification des sociétés en ce sens qu'il se veut une religion de l'unité, de l'amour, de l'action et de la coexistence".
Dans le même ordre d’idées, le chef de la diplomatie algérienne, Ramtane Lamamra, a estimé que l'affaiblissement du rôle de l’Algérie pourrait avoir des conséquences négatives sur la sécurité de toute la région.

La communauté internationale, dira-t-il, reconnaît aujourd’hui que l'Algérie est une source de stabilité dans la région et son environnement géostratégique, soulignant que la force de l'Algérie aux plans politique, économique et sécuritaire servira la sécurité et la stabilité de toute la région. Il a précisé que les partenaires internationaux aspirent à un rôle constructif de l'Algérie et ne visent pas l'affaiblissement de ce rôle d'une manière ou d'une autre.

A cet égard, l’Algérie avait qualifié les mises en garde émises par certains pays occidentaux à leurs ressortissants résidents en Algérie ou envisageant de s'y rendre, de «faux constats» et de «stéréotypes reproduits» par ces pays.C’est du déjà vu et rien ne justifie de telles pratiques consommées, comme l’a si bien laissé entendre le ministère des Affaires étrangères, qui a tenu, par la voix de son porte-parole ,  à mettre les points sur les «i» concernant cette question.

Selon le porte-parole, il s’agit d’une «curieuse similitude des faux constats et stéréotypes reproduits mécaniquement par la quasi-totalité des pays ayant actualisé leurs travel-warning, au point de suggérer qu'un réflexe bureaucratique routinier l'a emporté sur les considérations d'objectivité, d'impartialité et de vérité qui devraient présider à la conception de ce type de recommandations ».
Le fait de remonter à des incidents survenus, il y a des années, pour tenter d'étayer des conclusions préalablement arrêtées «trahit une attitude frileuse».

Les soucis circonstanciels de certains partenaires internationaux ne peuvent justifier cette propension malencontreuse à ignorer les exigences de relations stables et mutuellement avantageuses.
Quoi qu'il en soit, a-t-on encore souligné, les relations entre les pays partageant les mêmes valeurs de liberté et de démocratie et participant à la coopération internationale contre le terrorisme, «doivent être gouvernées par le nécessaire respect mutuel et l'impératif d'équilibre des intérêts ».
L’Algérie qui a toujours privilégié la voix du dialogue pour la résolution des conflits, continue toujours à croire que les solutions aux crises dont souffrent les pays voisins à l'instar de la Libye, ne peuvent être que politiques.

C'est dans cette optique que l'Algérie a pris l'initiative d'appeler à la création du groupe des Etats voisins de la Libye pour trouver une solution à la crise politique dans ce pays à travers le dialogue entre les belligérants, à même d'aider les parties libyennes à lancer un dialogue national inclusif qui aboutira à une réconciliation nationale et consolidera les étapes franchies dans le processus d'édification d'un Etat démocratique.

La conviction de l'Algérie repose sur la triste expérience vécue par la Libye prouvant qu'il n'y a pas de solution militaire. Il va falloir trouver une solution politique, avait souligné le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra.