Laid Rebiga: créer une structure dédiée à la mémoire pour la période entre 1930 et 1962

Publié par Dknews le 10-05-2022, 18h58 | 20

Le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Laid Rebiga, a insisté lundi à Guelma sur la nécessité de "réaliser une structure dédiée à la mémoire qui rassemblera toutes les phases historiques allant de 1930 à 1962".

Au cours de sa visite au musée du moudjahid dans le cadre de la seconde journée du programme des festivités commémoratives officielles de la journée nationale de la Mémoire, célébrant le 77ème anniversaire des massacres du 8 mai 1945, le ministre a indiqué que l’idée de réaliser cette structure qui intéresse tous les Algériens fera l’objet d’amples études des différentes phases liées à la période coloniale.

Le ministre a ajouté que cette structure s’inscrit dans le cadre des réalisations de qualité que l’Etat œuvre à concrétiser dans le domaine de la préservation de la mémoire nationale qui s’ajoutera aux autres structures, dont celle réalisée à Sétif et consacrée aux massacres du 8 mai 1945.

Lors des activités artistiques et culturelles diverses organisées dans la salle des conférences de la wilaya, le ministre a estimé que "la sauvegarde de la mémoire des chouh ada est un devoir sacré pour tous et l’on doit en tirer des leçons pour enraciner les véritables valeurs patriotiques".

M. Rebiga a ajouté que la journée nationale de la mémoire, célébrée sous le slogan "le peuple s’est sacrifié, la mémoire ne s’efface pas" constitue une opportunité pour "évoquer un moment mémorable du sens élevé du sacrifice par lequel le peuple algérien a exprimé au monde son attachement au recouvrement de sa liberté et de sa souveraineté".

"La célébration de cette date et sa consécration en journée nationale de la mémoire par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, en 2020, exprime l’esprit de fidélité envers le message des chouhada et le souci de préservation de leur legs par l’évocation de leurs immenses sacrifices en vue de défendre la souveraineté et la dignité et faire face la culture de l’oubli", a considéré le ministre.

Il a également relevé que les manifestations du 8 mai 1945 et leur répression sanguinaire à Guelma, Sétif et Kherrata ont constitué un tournant décisif dans le processus de lutte nationaliste, assurant que le peuple algérien avait compris que ce qui avait été arraché par la force ne pouvait être recouvré que par la force.

Le ministre a également estimé, en ce sens, que ces épisodes historiques montrent la conscience des artisans de la Révolution face au plan colonialiste d’effacement de l’identité nationale. Il a rappelé en outre que l’Etat a mobilisé tous les moyens pour la célébration, le 5 juillet prochain, de la double fête de l’indépendance et de la jeunesse qui sera une occasion pour affirmer la détermination à poursuivre la marche de fidélité envers les chouhada.

M. Rebiga a entamé sa visite à Guelma en se rendant aux sites ayant été le théâtre de massacres horribles en mai 1945 et s’est particulièrement attardé sur le site du four à chaux du village Hammam Bradaa dans la commune de Héliopolis, transformé en four crématoire pour brûler les cadavres des Algériens exécutés pour en dissimuler les traces.

Le ministre s’est arrêté aussi à Kef El Boumba, dans la même commune, où des exécutions sommaires de manifestants pacifiques avaient été perpétrées et leurs cadavres jetés dans des charniers.