Navi Pillay : dénonce un projet de Washington d'expulser les enfants en situation irrégulière

Publié par Dknews le 01-08-2014, 17h30 | 24

La Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Mme Navi Pillay, a dénoncé jeudi un projet de Washington relatif au renvoi dans leurs pays des enfants en situation illégale originaires d'Amérique centrale.

"Il y a près de 57.000 enfants non accompagnés aux Etats-Unis. Je suis extrêmement inquiète car les Etats-Unis semblent sur le point de renvoyer la plupart d'entre eux", a déclaré Mme Pillay à la presse à Genève. Le président américain, Barack Obama, a annoncé qu'un projet de loi en rapport avec les renvois de ces jeunes mineurs était sur le point d'être finalisé.

Pour Washington, cet afflux massif de jeunes en situation illégale constitue une "crise humanitaire". La plupart des enfants viennent du Salvador, de Guatemala et du Honduras, et ces jeunes fuient la pauvreté et la violence qui sévissent dans leurs pays.

Selon Mme Pillay, il faut offrir un toit et des soins à ces jeunes victimes. "L'expulsion ne devrait avoir lieu que si leur protection est garantie dans les pays où ils sont renvoyés", a-t-elle ajouté.Si les enfants ne sont pas accompagnés et ne viennent pas de pays  frontaliers comme le Mexique ou le Canada, les Etats-Unis sont obligés de les prendre en charge et de les placer dans un délai de 72 heures dans un foyer "où l'on prendra soin d'eux".

Ces enfants passent en moyenne 34 jours dans ces foyers avant d'être libérés, et remis dans 85% des cas à des membres de leurs familles déjà présents aux Etats-Unis. Ils sont ensuite censés comparaître devant une cour de justice chargée des questions d'immigration. Au début du mois de juillet, l'on a recensé 7.000 enfants à séjourner dans les centres de détention proches des frontières, plus de 72 heures. "Je reconnais qu'il s'agit d'une situation politique compliquée", a déclaré Mme Pillay.

"La détention des enfants constitue une violation de leurs droits, par ce qu'elle va à l'encontre du principe des meilleurs intérêts pour l'enfant", a-t-elle ajouté.