Le Parlement ukrainien a rejeté jeudi la démission du Premier ministre Arsecni Iatseniouk, pour éviter une nouvelle crise politique au pays dont l'Est est secoué par des troubles menés par des séparatistes pro-russes.
Seuls 16 députés ont voté en faveur de sa démission, contre 226 votes nécessaires. M. Iatseniouk, un pro-occidental en poste depuis la destitution du président Viktor Ianoukovitch, avait menacé de partir le 24 juillet, après la dissolution au Parlement de la coalition gouvernementale ouvrant la voie à des législatives anticipées voulues par le président.
Les députés avaient alors rejeté des lois impopulaires destinées à redresser les finances du pays, maintenu à flot par une aide internationale massive et en profonde récession.
M. Iatseniouk avait alors dénoncé un «crime moral et politique», dénonçant le fait que les élus en campagne n'adopteraient pas les lois dont dépend «le sort du pays».
Il a accepté de rester à conditions que les lois budgétaires et fiscales en question soient votées, ce qui a été fait jeudi. Les textes prévoient notamment des mesures d'économies budgétaires ainsi que de nouveaux financements pour les forces armées engagées dans l'Est.
«Aujourd'hui il y a deux nouvelles importantes pour l'économie mondiale. La première, c'est que l'Argentine a été déclarée en défaut de paiement, la seconde, c'est que l'Ukraine n'est pas en défaut et ne le sera jamais», s'est félicité M. Iatseniouk.
Le chef de l'Etat avait de son côté dit souhaiter son maintien, mais il a confirmé jeudi devant les députés que des législatives anticipées étaient «déjà une réalité», appelant gouvernement et députés à la responsabilité.
M. Iatseniouk (40 ans) est membre du parti Batkivchtchina de Ioulia Timochenko, la plus importante force de la coalition et qui est opposée à des législatives anticipées. Il était l'un des leaders de la contestation du Maïdan qui a abouti à la destitution de M. Ianoukovitch.