Deux journalistes togolais critiques du pouvoir, qui avaient été arrêtés mi-décembre, ont été mis en examen pour «outrage à l'autorité» et «propagation de propos mensongers sur les réseaux sociaux», a-t-on indiqué samedi auprès de leur avocat.
Ferdinand Ayité et Joël Egah, respectivement directeurs de publication du bihebdomadaire L'Alternative et de l'hebdomadaire Fraternité avaient été arrêtés le 10 décembre après des plaintes de deux ministres pour des propos tenus dans une émission diffusée sur Youtube.
«Les deux journalistes ont été transférés vendredi à la prison de Lomé.
J'ai introduit deux demandes de libération provisoire, qui ont été rejetées», a indiqué leur avocat Me Elom Kpadé.
«Toute la vérité sera dite au procès et l'opinion éclairée», a-t-il ajouté.
Un troisième journaliste, qui avait également participé à l'émission, a été entendu par le juge et placé sous contrôle judiciaire, selon Me Kpadé.
Selon le procureur de la République Talaka Mawama, ces journalistes sont poursuivis «sur la base du code pénal», leurs propos ayant été tenus sur un réseau social.
Or, ce «moyen de communication est exclu du champ d'application de la loi relative au code de la presse et de la communication», avait-il expliqué le 15 décembre à la télévision nationale.
Amnesty International a déjà dénoncé le 13 décembre la «détention arbitraire» des deux hommes de presse et exigé leur libération «immédiate», dénonçant «une détention arbitraire» et «une atteinte à la liberté d'expression».
«Les autorités cherchent à faire taire les voix critiques envers le pouvoir», a reproché Fabien Offner, chercheur sur l'Afrique de l'Ouest à Amnesty International.