Libye : La poursuite des combats autour de l'aéroport de Tripoli fait craindre un élargissement du conflit

Publié par Dknews le 20-07-2014, 16h28 | 28

Les affrontements se poursuivaient dimanche entre milices armées rivales pour le contrôle de l'aéroport international de la capitale libyenne Tripoli, ravivant les craintes de voir le conflit s'élargir dans un pays miné par des luttes intestines et qui peine à se stabiliser.

Tôt le matin, le bruit des combats continuait de résonner autour de l'aéroport, où les belligérants ont fait usage d'armes lourdes pour tenter d'opérer une percée afin de contrôler le site.

«L'aéroport a été attaqué ce matin aux obus de mortier, aux roquettes et aux canons de char. C'est l'attaque la plus violente» depuis le début de l'offensive dimanche, a affirmé Al-Jilani Al-Dahech, un responsable de la sécurité de l'aéroport. Selon ce responsable, les brigades de la ville de Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli) ripostaient à l'attaque menée par des milices de la ville rivale de Misrata (200 km à l'est de Tripoli) et d'autres groupes armés de l'ouest de Tripoli.

Des habitants de Qasr Ben Ghechir, à proximité de l'aéroport, cités par l'agence AFP ont évoqué des combats «très violents», affirmant avoir aperçu des chars engagés dans la bataille.

Ces combats ont fait au moins un mort parmi les habitants du quartier de Qasr Ben Ghachir, alors que le responsable de la sécurité de l'aéroport a affirmé qu'un avion libyen était «en feu sur le tarmac».

L'aéroport de Tripoli est fermé depuis le début, le 13 juillet, d'une attaque menée par une alliance de milices islamistes et misraties dans le but de chasser des brigades de Zenten de l'aéroport qu'elles contrôlent depuis 2011 tout comme plusieurs autres sites militaires et civils dans le sud de la capitale.
Le site a été endommagé par les combats et plus d'une dizaine d'avions libyens ont été touchés.

Les combats ravivent les craintes d'un élargissement du conflit

Les combats autour de l'aéroport de Tripoli font craindre un élargissement du conflit à d'autres régions du pays qui peinent à se stabiliser trois ans après la chute du régime de Maamar El Gueddafi.

Des milices qui se disputent l'aéroport contrôlé depuis 2011 par des brigades de la ville de Zenten (170 km au sud-ouest de Tripoli), considérées comme le bras armé du courant libéral, ont reçu jeudi dernier le soutien des puissantes brigades de la ville de Misrata (200 km à l'est de Tripoli).

Face à la recrudescence des violences dans son pays, le ministre libyen des Affaires étrangères Mohamed Abdelaziz avait demandé l'aide de l'ONU pour former les forces de sécurité de son pays afin qu'elles puissent assurer la sécurité des infrastructures essentielles, notamment les aéroports et les installations pétrolières.

Le ministre libyen avait tenu à préciser qu'il «ne demandait pas une intervention militaire» mais l'envoi d'une «équipe d'experts en sécurité de l'ONU». L'organisation avait évacué son personnel en Libye la semaine dernière à la suite du regain des violences.

Vendredi, le Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU en Libye, Tarek Mitri, avait présenté un point de situation sur ce pays devant les membres du Conseil de sécurité qui a condamné les violences récentes, notamment les combats autour de l'aéroport international de Tripoli.

Les 15 membres du Conseil ont réaffirmé «la nécessité pour toutes les parties de mener un dialogue politique et de s'abstenir de toute violence et de tout acte qui pourrait menacer la stabilité de l'Etat». Le Conseil s'est félicité du bon déroulement des élections législatives de juin dernier.

Il a également salué les efforts déployés par les pays voisins de la Libye pour promouvoir la stabilité dans ce pays.

Les ministres des Affaires étrangères des Etats voisins de la Libye avaient tenu une réunion la semaine dernière à Hammamet (Tunisie) à l'issue de laquelle ils avaient notamment décidé de la mise en place de deux commissions dont l'une sécuritaire et militaire présidée par l'Algérie et l'autre politique présidée par l'Egypte, et ce, dans le cadre du soutien à la Libye pour l'aider à surmonter la crise actuelle.