Climat : Le GIEC publie le premier volet de son rapport d’évaluation

Publié par DK NEWS le 10-08-2021, 18h26 | 17

Le groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) a dévoilé lundi le premier volet de son sixième rapport d'évaluation intitulé "Changements climatiques 
2021 : les bases scientifiques", a indiqué dans un communiqué le Commissariat aux Energies Renouvelables et à l'Efficacité Energétique (CEREFE).  Le document a été approuvé vendredi dernier par 195 gouvernements membres du GIEC à l’issue d’une session d’approbation virtuelle de deux semaines, amorcée le 26 juillet 2021, a précisé la même source, soulignant que le Commissaire du CREFE, Noureddine Yassaa, a participé aux travaux de la session d’approbation en sa qualité de Vice-Président de ce groupe de travail et auteur de ce rapport, dont la publication s’achèvera en 2022.

Affirmant que les scientifiques observent l’évolution du climat dans toutes les régions de la planète et dans l’ensemble du système climatique, le rapport constate que "nombre des changements relevés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, et certains phénomènes déjà en cours - comme l’élévation continue du niveau de la mer - sont irréversibles sur des centaines ou des milliers d’années". Le document a, toutefois, noté que "des réductions fortes et soutenues des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre limiteraient le changement climatique", alors que la qualité de l’air en bénéficierait rapidement et la stabilisation des températures mondiales pourrait prendre 20 à 30 ans.
Le rapport fournit, par ailleurs, de nouvelles estimations de la possibilité que le réchauffement planétaire excède 1,5 degré Celsius ( C) au cours des prochaines décennies et fait valoir qu’à moins de réductions immédiates, rapides et massives des émissions de gaz à effet de serre, la limitation du réchauffement aux alentours de 1,5 ou même à 2 C sera "hors de portée".
Il a, ainsi, expliqué que les émissions de gaz à effet de serre dues aux activités humaines ont élevé les températures d’environ 1,1 C depuis la période 1850-1900 et conclut que la température mondiale, en moyenne sur les 20 prochaines années, devrait atteindre ou franchir le seuil de 1,5 C.
Selon le rapport, les changements climatiques s’accentueront dans toutes les régions au cours des prochaines décennies.
Dans le cas d’un réchauffement planétaire de 1,5 C les vagues de chaleur seront plus nombreuses, les saisons chaudes plus longues et les saisons froides plus courtes, tandis qu'avec une hausse de 2 C, les chaleurs extrêmes atteindraient plus souvent des seuils de tolérance critiques pour l’agriculture et la santé publique.
L’évolution du climat ne concerne par uniquement la température, mais également l’humidité et la sécheresse, les vents, la neige et la glace, les zones côtières et les océans, selon le rapport.

Une évaluation régionale poussée du changement  climatique
 Pour la première fois, le Rapport offre une évaluation régionale poussée du changement climatique, en s’attachant notamment aux informations utiles pour éclairer l’évaluation des risques, l’adaptation et d’autres processus décisionnels.
Il définit aussi un nouveau cadre qui permet de transcrire ce que les changements physiques du climat (chaleur, froid, pluie, neige, sécheresse, vent, inondations côtières et autres ) impliquent pour la société et les écosystèmes.
Par ailleurs, ce nouveau rapport fait état d’avancées majeures dans la science de l’attribution qui permet de saisir le rôle du changement climatique dans l’intensification de phénomènes météorologiques et climatiques tels que les vagues de chaleur extrêmes et les épisodes de fortes pluies.
Il montre ainsi que les actions humaines peuvent encore déterminer l’évolution du climat à veni r, alertant que le dioxyde de carbone (CO2) est le principal moteur du changement climatique, même si d’autres gaz à effet de serre et divers polluants atmosphériques affectent eux aussi le climat.
Il faudra, pour stabiliser le climat, procéder à des réductions fortes, rapides et soutenues des émissions de gaz à effet de serre et ramener à zéro les émissions nettes de CO2, préconisent les scientifiques, précisant que la limitation des autres gaz à effet de serre et des polluants atmosphériques, en particulier le méthane, pourrait être bénéfique pour la santé publique comme pour le climat.
A signaler que le Groupe de travail du rapport du GIEC est composé 234 auteurs, représentant 66 pays, 31 auteurs coordonnateurs, 167 auteurs principaux, 36 éditeurs-réviseurs et 517 auteurs collaborateurs, ainsi que plus de 14.000 références citées et 78.007 observations formulées par les experts et les gouvernements.