Liban : Le chef du Hezbollah met en garde contre une "politisation" de l'enquête

Publié par DK NEWS le 08-08-2021, 14h49 | 13

Le chef du Hezbollah libanais a mis en garde samedi contre une "politisation" de l'enquête sur l'explosion meurtrière de l 'an dernier au port de Beyrouth, niant les accusations selon lesquelles son mouvement serait impliqué dans l'acheminement d'engrais explosif sur le port. Les Libanais ont marqué mercredi le premier anniversaire de l'explosion, pleurant les 214 morts d'une tragédie dont les coupables n'ont toujours pas été jugés et fustigeant l'impunité des dirigeants. 
Dans un discours télévisé, Hassan Nasrallah a démenti ces accusations, les qualifiant de "fabriquées" et "ridicules". 
Ces accusations sont une "attaque politique payée par l'Amérique et l'Arabie saoudite au service d'Israël", a-t-il fustigé. 
"Comme si le Hezbollah, qui a des armes et des roquettes, (...) avait besoin d'importer du nitrate. 
Comme si, avec ses entrepôts pouvant stocker des dizaines de milliers de roquettes, il n'avait pas d'entrepôts où mettre du nitrate", a déclaré le chef du puissant mouvement . 
Malgré l'ampleur du drame qui a choqué le monde entier, l'enquête locale sur l'explosion du port n'a toujours pas abouti et aucun coupable n'a été jugé, même si des ex-ministres sont dans le viseur de la justice. 
La classe dirigeante est accusée de tout faire pour torpiller l'enquête et éviter des inculpations, arguant de l'immunité parlementaire. 
Dans son discours, Hassan Nasrallah s'en est également pris au juge chargé de l'enquête sur l'explosion, lui demandant de fournir des preuves pour étayer sa décision de convoquer des responsables pour les interroger. 
"Où sont les preuves?", s'est-il interrogé, appelant le juge Tarek Bitar à partager ses conclusions. 
"L'enquête est politisée, a-t-il encore affirmé. Soit il doit travailler (...) de manière claire, soit la justice doit trouver un autre juge". 
Après avoir catégoriquement rejeté une enquête internationale, les autorités libanaises ont dessaisi de ses fonctions le premier juge chargé de l'affaire, Fadi Sawan, après l'inculpation de hauts responsables. 
Son remplaçant, Tarek Bitar, fait également face à des obstructions, notamment le refus du Parlement de lever l'immunité de certains de ses membres soupçonnés d'être impliqués. 
Le juge a demandé la levée de l'immunité de trois anciens ministres, en vain jusqu'ici. 
Le ministre de l'Intérieur n'a pas non plus autorisé M. Bitar à interroger le directeur de la Sûreté générale, Abbas Ibrahim, au sujet de l'explosion.