Le président béninois Patrice Talon s'acheminait dimanche vers une réélection attendue, au terme d'une journée de vote marquée par une participation apparemment faible, après l'appel des principaux opposants à boycotter un scrutin qu'elle juge verrouillé.
Patrice Talon, qui vise une victoire "par K.O.", est accusé d'avoir engagé ce petit pays pionnier de la démocratie en Afrique de l'Ouest dans un tournant autoritaire et d'avoir muselé l'opposition.
Les 15.531 bureaux de vote ont fermé à 16H00 (15H00 GMT) et le dépouillement des bulletins a commencé dans la foulée, sans grand engouement.
Dans les bureaux de vote à Cotonou, la capitale économique, les taux de participation ne dépassaient pas les 30% et Patrice Talon, en lice pour un second mandat, menait avec une large avance, face aux anciens députés Alassane Soumanou et Corentin Kohoué, deux candidats de l'opposition quasiment inconnus du grand public.
La participation est "faible par rapport au précédent scrutin", selon les premières données recueillies par la plateforme électorale des organisations de la société civile.
Selon cette mission, qui a déployé quelques 1.400 obs ervateurs à travers le pays, "dans tous les départements, des tentatives de pression, d'intimidation, de menaces, de troubles à l'ordre public, de corruption ou de harcèlement des électeurs ont été observés".
La mission d’observation de la Plateforme des OSC relève des incidents
La mission d’observation de la Plateforme électorale des OSC du Bénin a énuméré des incidents lors du premier tour de la présidentielle organisé dimanche et qui a opposé le président sortant Patrice Talon à deux autres candidats, Corentin Kohoué et Alassane Soumanou.
Cette plateforme, qui a déployé 1470 observateurs couvrant les 546 arrondissements du pays, faisait son premier point sur le déroulement du scrutin, quelques deux heures après la fermeture des bureaux de vote et la fin des dépouillements.
Selon la mission, les incidents reçus sont, entre autres, de votes multiples, d’absence de représentants de tous les candidats dans certains bureaux de vote.
Sur la plan de la sécurité et des conditions du déroulement du vote, "dans tous les départements, des tentatives de pression, d’intimidation, de menaces, de troubles à l’ordre public, de corruption ou de harcèlement des électeurs ont été observées", affirme cette plateforme.
Les départements les plus affectés sont le Couffo, l’Atacora, le Borgou et le Plateau.
Par exemple, précise la déclaration lue devant la presse, parm i les informations transmises par 99 observateurs, sur les 121 déployés dans le Couffo, 6,07% font état d'influence de vote à Toviklin, à Klouékanmè, à Dogbo et à Aplahoué.
"Des 1117 observateurs ayant fait le retour des informations, 2,69% ont signalé que le scrutin a connu des interruptions à certains endroits dans le Littoral, le Borgou, le Mono et l’Ouémé.
Dans le Littoral, les interruptions signalées concernent, entre autres, les septième et sixième arrondissement", a-t-elle poursuivi.
Elle note que le vote n’a pas eu lieu dans les centres de vote des communes de Kérou, Ouèssè et Savalou". Il en est de même dans les centres de vote de la commune Savè.
A Tchaourou, d'où est originaire l'ancien président Thomas Yayi Boni, aucun bureau de vote n’a ouvert. La plateforme des OSC precise que le matériel de vote a pu être convoyé, mais a dû être placé sous la sécurité du commissariat central.
La Commission électorale autonome a reconnu, pour sa part, la "non effectivit"é du vote dans au moins 16 arrondissements du pays, lors d’un point de presse tenu quelques heures après la fermeture des bureaux de vote.