Barrage sur le Nil Le Soudan exige un "accord légal" pour l'échange d'informations sur le remplissage

Publié par DK NEWS le 12-04-2021, 19h39 | 3

Le ministère de l'Irrigation et des Ressources en eau soudanais a indiqué que Khartoum avait reçu un message de l'Ethiopie l'appelant à désigner un délégué pour échanger des informations sur le deuxième remplissage du barrage de la Renaissance en juillet prochain, a indiqué Suna. 
Dans un communiqué relayé par l'agence, le ministère a salué cette étape, affirmant la "position ferme" du Soudan selon laquelle le processus d'échange d'informations "doit s'inscrire dans un accord légal et contraignant pour le remplissage et le fonctionnement du barrage, car l'échange d'informations est l'un des processus qui ont été convenus dans environ 90% des cas dans lesquels les trois pays sont parvenus à un accord sur le projet d'accord depuis juin dernier". 
Le communiqué indique que le Soudan e stime que "l'échange d'informations est une procédure nécessaire, mais que l'offre éthiopienne d'échanger des informations de la manière indiquée dans la lettre implique des doutes quant à la sélectivité dans le traitement de ce qui a été convenu". 
Selon la source, "l'offre d'échange d'informations par une action unilatérale de l'Ethiopie, à un moment qui lui convient uniquement, fait de l'échange d'informations un simple cadeau de l'Ethiopie, qu'elle offre ou empêche quand elle le souhaite, une question qui pourrait exposer les intérêts nationaux du Soudan à de graves risques". 
Le ministère souligne en outre "le fait que nommer des délégués pour échanger des informations, sans signer un accord, signifie pratiquement réduire le plafond de négociation d'un accord global à l'échange de données uniquement, une question qui est difficile à accepter pour le Soudan". 
Selon le communiqué, "la présence d'organisations internationales et des pays influents qui ont participé en tant qu'observateurs aux négociations et leur rôle de médiateurs ou de facilitateurs, peuvent grandement contribuer à des points de vue convergents, instaurer la confiance entre les trois pays, fournir une garantie internationale pour la mise en œuvre de l'accord, supprimer les préoccupations de toutes les parties et contribuer à assurer la sécurité régionale et internationale". 
Le bassin du Nil couvre une superficie d'environ 3,1 millions de km2, soit10% du continent africain. 
Onze pays se partagent ce bassin: le Burundi, la République démocratique du Congo, l'Egypte, l'Erythrée, l'Ethiopie, le Kenya, le Rwanda, le Soudan, le Soudan du Sud, l'Ouganda et la République-Unie de Tanzanie. 
Addis-Abeba envisage de démarrer le remplissage du barrage de la Renaissance cette année, pendant la saison des pluies, qui coïncide avec le mois de juillet prochain. 
Le Soudan et l’Egypte refusent cette décision unilatérale. Le barrage de la Renaissance, construit par l’Ethiopie sur le Nil (Nil bleu), suscite les craintes de l’Egypte quant à la diminution de sa part annuelle des eaux du fleuve (55.5 milliards de m3). 
La partie éthiopienne affirme que le barrage lui sera d’une grande utilité, notamment en matière de production d’énergie, et qu’il ne causera aucun préjudice à l’Egypte ni au Soudan.