Iran - nucléaire : Les inspections ne sauraient être "une monnaie d'échange" dans les négociations (AIEA)

Publié par DK NEWS le 01-03-2021, 19h17 | 6

Le travail d'inspection "doit être préservé" et ne saurait être utilisé comme "une monnaie d'échange dans les négociations" diplomatiques sur l'accord nucléaire iranien, a déclaré lundi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Rafael Grossi s'exprimait à Vienne au premier jour d'un Conseil des gouverneurs, alors que face aux rumeurs de résolution de l'AIEA, l'Iran a menacé, dans une note informelle, de "mettre fin" au compromis bilatéral technique conclu le 21 février pour permettre à l'agence de maintenir une surveillance, bien que réduite, de son programme nucléaire. L'Iran a suspendu la semaine dernière certaines inspections, faute d'avoir obtenu la levée des sanctions qui avaient été rétablies par l'ancien président Donald Trump. Rafael Grossi a décrit cette mesure comme une "perte immense", même si les inspections se poursuivent correctement pour vérifier la nature pacifique du programme nucléaire iranien: "pour l'instant, tout va bien" sur ce plan-là, a-t-il dit. 
Selon les termes de l'accord signé avec l'AIEA, Téhéran s'est ainsi engagé à fournir l'ensemble des données des caméras et autres outils de contrôle si les sanctions sont levées d'ici à trois mois. 
Le nouvel hôte de la Maison Blanche, Joe Biden, a promis de revenir dans le giron du pacte nucléaire de 2015 "si" l'Iran respectait à nouveau ses engagements. Face à cette nouvelle donne, "j'ai jugé important de donner plus de temps à la diplomatie", a expliqué M. Grossi, appelant à ne "pas baisser les bras au bout de 7 ou 8 jours". 
"Je demande à tous de mener des discussions constructives et de préserver le travail de l'agence", a-t-il insisté. Les Européens examinent la possibilité de faire voter une résolution pour exprimer leur vive inquiétude et rappeler à l'ordre l'Iran, selon des sources diplomatiques. 
Le dernier avertissement de l'AIEA remonte à juin 2020 face au refus de la République islamique d'autoriser l'inspection de deux sites suspects. Il s'agissait de la première résolution critique depuis 2012.