Des progrès dans le processus politique et les pourparlers de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord Mali «sont urgents», a souligné mercredi à New York le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous. «Un processus politique réussi est la pierre angulaire de cette stabilité.
Tous les aspects de la stabilisation du Mali, y compris la restauration de l'autorité de l'Etat, le rétablissement de la sécurité et de la protection des civils, restent subordonnés à la conclusion réussie des négociations de paix entre le gouvernement malien et les groupes armés au nord dans le cadre de l'accord de Ouagadougou», a indiqué M. Ladsous devant le Conseil de sécurité qui examinait le renouvellement du mandat de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma).
«Le statu quo ne peut pas continuer : des progrès dans le processus politique sont urgents. Le moment est venu pour des pourparlers de paix», a-t-il souligné. Pour Hervé Ladsous, «après un début prometteur avec la signature de l'accord préliminaire - il y a exactement un an aujourd'hui - le gouvernement et les groupes armés ont fait peu de progrès vers un véritable dialogue de fond».
«Il est juste de dire que l'absence de progrès dans le processus politique a conduit à la forte dégradation de la situation sécuritaire dans la région de Kidal», a-t-il estimé. Devant le Conseil de sécurité, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a pour sa part assuré que Bamako «a choisi la paix» malgré les combats meurtriers de la mi-mai à Kidal (nord) entre forces maliennes et des groupes armés touareg.
«Le gouvernement du Mali demeure plus que jamais animé par le souci constant de réconcilier les Maliens», a-t-il rétorqué, affirmant que «le Mali est disposé à envisager (...) tout mécanisme de sortie de crise efficace».
Dans cette optique, le ministre malien de la réconciliation nationale, Zahabi Ould Sidi Mohamed, a indiqué dans une déclaration à l'APS mardi que le consensus autour de la tenue de la 1ère session de dialogue entre toutes les parties maliennes en juillet prochain à Alger «est un résultat positif sur la voie de la réconciliation nationale», ajoutant que «le dossier malien ne sera examiné que dans le cadre du processus parrainé par l'Algérie».
Il a indiqué que la 3ème réunion de concertation de haut niveau sur le processus de dialogue inter-malien tenue lundi à Alger était «d'une grande importance pour le processus de règlement politique de la crise, d'autant que les mouvements armés ont exprimé leur confiance en l'Algérie, en tant que pays médiateur dans le dialogue».
Selon le communiqué commun rendu public lundi au terme des travaux de cette réunion, l'Algérie va poursuivre ses efforts et conduira les négociations autour du dialogue inter-malien inclusif, dont le processus débutera le mois de juillet prochain à Alger.
Le communiqué ajoute, dans cette perspective, qu'une feuille de route et un calendrier seront convenus et des mesures de confiance entre les parties maliennes seront «activement» discutées et mises en £uvre, notamment en vue de l'«atténuation des conséquences des affrontements des 17 et 21 mai dernier».
La réunion de concertation de haut niveau sur le processus du dialogue inter-malien s'est tenue avec la participation de l'Algérie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie, l'UA et l'ONU. Evoquant par ailleurs la Minusma, dont le mandat doit être renouvelé à la fin juin, M. Ladsous a affirmé que cette force doit atteindre fin juin 77% de son effectif militaire total et 83% de son effectif policier. L'effectif maximal autorisé de la mission est de 12.640 hommes dont 11.200 soldats et 1.440 policiers.