Les soirées de Ramadhan en ce temps de confinement à domicile et de distanciation sociale, imposés par la lutte contre l'épidémie du nouveau coronavirus, ont fait redécouvrir à nombre de femmes de la wilaya de Batna des activités artistiques oubliés pour briser la monotonie.
Des activités intemporelles telles que la broderie, le crochet, le tricot avec aiguilles circulaires, la peinture sur soie et sur verre, ou encore l'aquarelle, ont ainsi refait surface chez de nombreuses femmes, pour qui cette conjoncture exceptionnelle a chamboulé le quotidien.
Cette situation inédite a néanmoins le mérite de permettre à certaines d'exercer des activités manuelles abandonnées jusqu'ici et même d'y initier leur progéniture à ce savoir-faire qui renferme un potentiel créatif inépuisable.
Les réseaux sociaux ont d'ailleurs contribué à ce que ce phénomène prenne de l'essor, puisqu'ils ont permis à certaines d'acquérir facilement les bases de ces passe-temps et de les enseigner à d'autres via des vidéos "tutoriels".
Nadjet Mehdjoubi, enseignante d'éducation artistique quinquagénaire, fait partie de ces femmes qui ont renoué avec le tricot. Elle affirme passer le clair de ses soirées de ramadhan à tricoter des poupées, des fleurs décoratifs et des portefeuilles, qu'elle distribue ensuite aux membres de sa famille et son entourage. Cette dame assure qu'elle pensait ne plus jamais exercer cette activité apprise durant son adolescence, et encore moins d'y trouver un moyen de procurer des petites joies aux membres de sa famille.
--Combler l'absence des proches--
Noura Houbib assure, de son côté, avoir trouvé dans l'activité de tricoter avec des aiguilles circulaires un moyen de compenser la nostalgie des visites familiales durant les soirées de ramadhan. L'exercice de cette activité productive et créative procure, assure Noura, à la fois repos et détente. Il permet même de ressentir un certain empressement à terminer un objet pour reprendre la composition d'un autre. Saïda Medji et Ilham Sameï ont, quant à elles, trouver dans la peinture sur soie la solution pour écouler sans lassitude les longues soirées de ramadan. Expérimenter cette technique de peinture augmente la créativité et suscite une sensation de plaisir subtil, assurent-elles. De son côté, Halima Sara Alili, cadre dans une entreprise publique, a recouru à la peinture et l'aquarelle pour échapper à la routine monotone du confinement à domicile et son corollaire d'éloignement des proches, ainsi que celui de faire l'impasse sur ses rafraîchissantes sorties nocturnes.
Pour cette dame, les engagements professionnels et familiaux l'ont éloignée pendant plusieurs années de ces petits plaisirs qu'elle a pu retrouver non sans passion en ce temps de confinement. Pour d'autres, cette situation a même donné corps à certaines idées plus ambitieuses à l'exemple d'organiser des expositions collectives ou encore de lancer des projets de "familles productrices'' contribuant à la promotion touristique de la région par le biais de la fabrication artisanale de produits de terroir.