Au Zimbabwe, la crise de la faim provoquée par le changement climatique et la récession s'aggrave alors que le Covid-19 gagne du terrain, a indiqué le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations Unies qui a exprimé un besoin de 130 millions de dollars pour soutenir son opération d'urgence jusqu'en août et éviter que des millions de personnes ne sombrent davantage dans la faim.
«Alors que la plupart des Zimbabwéens ont déjà du mal à se procurer de la nourriture, la pandémie de Covid-19 risque d'engendrer une situation encore plus désespérée», a déclaré jeudi Eddie Rowe, Directeur du PAM au Zimbabwe.
Ces derniers mois, l'aide du PAM a contribué à réduire la faim dans six des neuf districts classés à la fin de l'année dernière en phase d'insécurité alimentaire «'d'urgence», ce qui leur a permis de descendre à un niveau d’insécurité alimentaire inférieur dit «de crise».
Cependant, 56 des 60 districts du pays sont désormais en phase de crise de la faim. Le PAM soutient les communautés touchées par l'insécurité alimentaire de «crise» et «d'urgence».
Le PAM prévoit d'aider 4,1 millions de personnes en avril, bien que l'insuffisance des fonds l'empêche d'atteindre ce même objectif mensuel depuis le début de l'année. En mars, 3,7 millions de Zimbabwéens parmi les plus vulnérables ont pu bénéficier de l’assistance du PAM. Le nombre total de personnes en situation d'insécurité alimentaire s'élève à 7,7 millions, soit plus de la moitié de la population. Les 130 millions de dollars demandés d'urgence par le PAM font partie d'un besoin total de 472 millions de dollars pour le secteur de l'aide alimentaire jusqu'en décembre. Le Covid-19 menace d'exacerber les graves crises économique et alimentaire qui frappent déjà le Zimbabwe, en affectant considérablement la vie des habitants des zones urbaines et rurales.